GHEF

 

 

 


 

Martine LadoucetteTrois pour un

Un contexte sanitaire de mutation et de développement

 

Entretien avec
Martine Ladoucette, Directrice générale

 

DH MAGAZINE – Pourquoi avoir constitué un groupement de coopération sanitaire (GCS) entre les 3 centres hospitaliers ?

Martine Ladoucette − La constitution du GHEF en GCS en 2005 résulte d’une prise de conscience simple : seuls, les 3 hôpitaux ne parviendraient ni à se développer ni à progresser. Cela est renforcé par un contexte de mutations de plus en plus contraignantes et dans un département où le nord est défavorisé sur les plans sanitaire et financier. L’hôpital gériatrique de Jouarre est également intégré dans le GCS mais ne fait cependant pas partie de la direction commune du GHEF.

Comment s’articulent le groupement hospitalier et ses trois établissements qui gardent, chacun, leur personnalité juridique ?

Le GCS est un organe de gestion et de mutualisation de la direction en 4 directions communes. Le GHEF est composé de plusieurs pôles, domaines qui ne sont plus propres à chaque établissement. Ainsi, la stratégie, les affaires médicales, l’organisation et les systèmes d’information, les finances et l’analyse de gestion, les achats, le patrimoine et la logistique, les investissements, les travaux et la maintenance sont des ressources gérées et placées au niveau de la direction commune. Par ailleurs, la mutualisation des activités médico-techniques est un projet en cours et... à court terme. Par exemple, nos 2 laboratoires communs sont mutualisés depuis 2 ans. Un autre de nos objectifs est désormais d’avoir une PUUI unique (Pharmacie à Usage Unique Intérieur).

Toutefois, chaque établissement hospitalier conserve en propre ses moyens et ses ressources pour tout ce qui est en lien avec les services cliniques. Chaque centre hospitalier est dirigé par un directeur délégué et dispose d’un DRH et d’une direction des soins. Le conseil de gestion du GCS réunit 3 ou 4 fois par an les présidents et vice-présidents des Commissions Médicales d'Établissement. Nous sommes aussi en train de travailler à la mise en place d’un comité inter-pôles afin de réunir l’ensemble des chefs de pôles de chaque établissement du groupe inter-hospitalier. De facto, nous sommes dans un mode de fonctionnement s’apparentant à une Communauté Hospitalière Territoriale (CHT).

Pourquoi un GCS plutôt qu’une Communauté Hospitalière de Territoire (CHT) ou même une fusion ?

En 2005, la constitution du GHEF en GCS était une démarche volontaire et véritablement innovante. Mais, la réalité d’une fusion paraissait délicate, elle présentait trop de risques d’échecs compte tenu des volumes d’activités de chaque établissement et de leur distance réciproque. Il était indispensable de se donner suffisamment de temps pour construire ensemble un projet solide et mettre en place des partenariats pertinents. Réussir suppose d’être absolument sûr de ce que l’on veut faire ! La CHT n’apparaissait pas comme une option envisageable immédiatement même si, pour un groupe comme le nôtre, cette structure juridique aurait apporté davantage de visibilité. Le statut de GCS à l’avantage de n’être pas irrémédiable. Pour aller audelà, le CHT pourrait être une phase intermédiaire avant d’aller vers la fusion si nous l’envisageons un jour.

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Quel est le positionnement territorial du GHEF par rapport aux besoins sanitaires, sociaux et médico-sociaux du bassin de vie ?

Le GHEF représente plus de 45 % des parts du marché du nord du département de Seine-et-Marne. La marge de progression passerait par une excellente communication démontrant qu’il n’est pas nécessaire d’allonger la distance kilométrique pour recevoir des soins de grande qualité et de très haut niveau ! Le GHEF a également une attractivité sur la Picardie qui représente 11 à 15 % des séjours. Notre GCS assure un très vaste éventail de spécialités médicales et chirurgicales, à l’exception de la réanimation pédiatrique. Nous avons cependant un service de réanimation néonatale. Nous avons aussi la chirurgie thoracique appliquée aux cancers, la chirurgie vasculaire qui prend en charge des interventions lourdes ainsi que la chirurgie urologique. Toutes les chirurgies cancérologiques sont représentées au sein du GHEF (626 interventions par an). En chimiothérapies, nous atteignons les 1000 séances annuelles.

Quels sont les grands axes du projet médical du GHEF ?

Notre GHEF mène de nombreux projets de réorganisation et de développement d’activités médicales en interne. Les orientations définies dans ce projet stratégique ont été définies en concertation et sont fondées sur des choix qui structurent l’avenir du groupe. Le projet stratégique crée les conditions pour que chacun des 3 hôpitaux ait le « réflexe GHEF » avant de s’adresser à d’autres établissements. Le projet se décline en 4 axes structurants.

Alors, votre premier axe...

Il vise au développement des partenariats pour approfondir les filières de prise en charge : périnatalité, pédiatrie, cardiologie, AVC, cancérologie et hématologie, prise en charge médico-chirurgicale de l’obésité et gériatrie. Ensuite se déclinent nos différents projets. Les filières périnatalité et cancérologie sont unifiées au sein du GHEF avec partage des protocoles de recherche. L’objectif est de mettre en place une plateforme unique et commune d’information, d’orientation et de coordination, une sorte de guichet unique qui s’adressera aussi bien aux usagers qu’aux médecins traitants. Pour la filière AVC, elle est structurée depuis le CH de Meaux pour tout le GHEF. Le développement de la télémédecine en matière de téléassistance et de télédiagnostic est aussi d’un apport fondamental. Et enfin, quelle que soit la porte d’entrée dans le GHEF, les patients doivent être pris en charge rapidement et qualitativement dans l’un des 3 établissements. La majorité des transferts est le plus souvent internes au GHEF.

Vous avez un secteur Personnes âgées très important...

Parlons plutôt de « filière gériatrique »... 2 hôpitaux du GHEF sur 3 possèdent des lits de SSR gériatrique. En revanche, seul Meaux dispose d’une Unité de soins de longue durée et d’un EHPAD. Chaque hôpital du GHEF a structuré ses relations avec des EHPAD environnants. Le CH de Meaux a aussi supprimé des lits de longue durée pour permettre leur relocalisation à l’hôpital gériatrique de Jouarre. En parallèle, Meaux prenait des lits supplémentaires de SSR tout en fermant ceux du CH de Marne-la-Vallée... Vous suivez toujours (rires) ?

Nous prévoyons également des conventions avec les Centres locaux d'information et de coordination gérontologique (CLIC) – peu nombreux dans le nord du département – et enfin 3 MAIA autrement appelées : Maisons d’autonomie et d’intégration des malades d’Alzheimer. Enfin, nous allons aussi participer à la fusion des 2 réseaux gériatriques sur le nord du département. Nous utilisons au quotidien « Trajectoire », l’outil Internet sécurisé d’aide à l’orientation des patients hospitalisés et c’est efficace.

Mais, il y a encore 3 axes à traiter...

Vous avez raison, revenons à « nos » 3 axes encore manquants. Le deuxième axe est le développement des équipes territoriales uniques (avec un chef de service unique) sur des segments d’activités très spécifiques comme les chirurgies spécialisées (urologie, chirurgie vasculaire, ORL, ophtalmologie) ou encore la psychiatrie intersectorielle avec une équipe mobile d’intervention à domicile.

Le troisième axe est la mutualisation des compétences et des ressources rares. Nous construisons des filières cliniques de prise en charge qui existent déjà de façon informelles. Nous avons pour objectif de les structurer et ce faisant de les rendre publiques pour une meilleure identification par la population. Des complémentarités vont se renforcer en cardiologie et en hématologie. La cardiologie de proximité est située à Coulommiers et à Meaux, tandis que la cardiologie lourde (angioplastie ou rythmologie interventionnelle) s’effectue au CH de Marne-la-Vallée. Soulignons au passage, foin de la modestie, que le CH de Marne-la-Vallée est le premier établissement d’Ile-de-France pour le nombre d’angioplasties réalisées à l’année... Le CH de Meaux va acquérir une spécialisation : l’insuffisance cardiaque chronique. Pour l’hématologie, le service de référence est à Meaux, classé 47ème de France par l’hebdomadaire Le Point, avec une capacité d’hospitalisation qui devrait doubler dans les 2 ans.

Votre quatrième et dernier axe n’est pas de même nature...

On peut effectivement l’exprimer de cette manière. C’est, l’axe du développement coordonné de l’enseignement et de la recherche. Nous développons un partenariat très fort avec le groupement hospitalier universitaire de la Pitié Salpêtrière - Charles Foix (AP-HP) et construisons également nos relations avec les facultés Paris VI et Paris XI. Nous investissons sur l’enseignement universitaire en recevant beaucoup d’internes de médecine générale et de spécialités. Nous souhaitons augmenter également notre capacité à accueillir des externes dans les 3 hôpitaux. Notre recherche (publications et protocoles de recherche) se situe à un score voisin de celui d’un CHR !

En quoi le projet médical GHEF améliore-t'il l’efficience du service public de santé ?

Chacun des 3 hôpitaux peut servir, le moment venu, de « laboratoire d’expérimentation » aussi bien « localement » que pour l’ensemble du groupe. L’ouverture du nouvel hôpital de Marne-la-Vallée a été notamment l’occasion de procéder à des changements d’organisation dans 3 domaines : - Pour les urgences, nous avons introduit la fonction transversale de « gestionnaire de lits » (« bed manager ») assurée par une infirmière et une assistante sociale ; - La fonction accueil médico-administratif a été complètement réorganisée : les secrétaires médicales sont « positionnées » par pôle et non plus par service, de façon à ce que chaque pôle puisse centraliser sa propre prise de rendez-vous téléphonique pour les consultations externes ; - Des pools de secrétariats interservices ont été constitués pour améliorer la rapidité et l’exhaustivité de la frappe des comptes rendus. Nous attendons d’avoir un peu de recul (une année) pour transposer à bon escient cette démarche aux 2 autres établissements.

De son côté, le CH de Meaux se lance dans la démarche expérimentale d’optimisation de la gestion des lits. Le CH de Coulommiers est actuellement moteur pour la transmission des comptes rendus numérisés et sécurisés vers les médecins traitants ainsi que pour les relations tissées avec la maison de santé universitaire et pluridisciplinaire de la ville. Nous développons également des tableaux de bord communs pour partager les données d’activité et favoriser ainsi l’émulation d’un hôpital à un autre.

Comment est assurée la permanence des soins ?

Depuis 2 ans fonctionne une permanence alternée nocturne à Marne-la-Vallée pour le digestif et l’orthopédique. Il en est de même pour les permanences des soins spécialisés : l’urologie, le vasculaire sont à Meaux, la permanence des soins pour l’ORL est centralisée à Marne-la-Vallée. L’imagerie a vocation à être mutualisée. À Meaux, l’IRM fonctionnera 24 h / 24 et 7 j / 7. Les systèmes d’imagerie devront donc devenir communicants...

Pour faire face à la raréfaction de l’offre de soins en médecine de ville, 2 sur 3 des hôpitaux du GHEF ont développé un partenariat avec SOS médecins qui assure des consultations sans rendez-vous, la nuit et le weekend. Quant à la maison de santé de Coulommiers, elle élargit ses plages des permanences de soins. Marne-la-Vallée dispose d’un médecin d’accueil et « d’orientation » SAU.

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Quels sont les moyens que vous mettez en oeuvre pour améliorer les relations ville-hôpital dans le cadre du parcours de soins coordonnés ?

Nous espérons pouvoir mettre en place dès début 2014 une plateforme unique d’information, d’orientation et de coordination en cancérologie, avec un infirmier et un secrétariat médical, de façon à pouvoir informer les médecins traitants qui ne connaîtraient pas suffisamment leurs correspondants. Nous l’étendrons peut-être directement aux patients et aux associations d’usagers. Pour la gériatrie, nous allons structurer, en lien avec le conseil général, nos relations concrètes avec les futurs CLIC. Nous autofinançons une équipe mobile de gériatrie à domicile et nous espérons pouvoir en faire davantage dans le cadre des négociations des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens. Nous avons la volonté de développer un projet d’imagerie de territoire. L’IRM H24 fonctionnera à Meaux pour les besoins de tout le GHEF. Nous développons aussi une cartographie des compétences spécialisées des imageurs sur l’ensemble du GHEF au service des radiologues et des cliniciens.

Avez-vous des difficultés de recrutement des professionnels ?

Nos hôpitaux de grande banlieue ont des atouts pour les professionnels qui sont souvent plus proches de leur domicile que s’ils travaillaient dans Paris intra-muros. Je n’ai jamais été amenée à réduire ou à fermer depuis 2 ans des lits ou blocs opératoires par manque de personnel. Mais nous souffrons de l’attractivité parisienne car nous sommes à la fois trop proches et trop loin de Paris. Le CH de Marne-la-Vallée tire son épingle du jeu car il bénéficie d’une structure ultra moderne et facilement accessible en transports en commun. À Meaux, le contexte est déjà plus délicat. À Coulommiers, zone rurale, nous avons plus de difficultés, qui nous obligent en ce moment même à fermer 30 lits de médecine. Pour autant une trentaine de praticiens, y compris des chefs de services, sont actuellement en temps partagé sur plusieurs établissements, illustration concrète de l’une des raisons d’être du GHEF.

Un dernier mot sur le GHEF ?

Le GH de l’Est Francilien dispose aujourd’hui d’un nouveau projet stratégique qui lui donne les moyens de devenir un GCS de premier plan dans le département mais également dans la région. Le challenge personnel que je me suis fixée en prenant mes fonctions, c’est de montrer qu’avec beaucoup de pugnacité et un maximum de motivation, renforcés par une réactivité de tous les instants, nous pouvons mettre en place une véritable stratégie de groupe inter hospitalière, ce que nous avons déjà commencé à faire. Aujourd’hui, la plupart des professionnels comprennent que nous sommes beaucoup plus forts en travaillant à 3 plutôt qu’isolément.

 

Chiffres clés 2012

Le Groupe Hospitalier de l’Est Francilien (GHEF)

2 046 lits et places

Meaux

851 lits et places
47 756 entrées
162 621 consultations externes
2 564 agents dont 368 personnels médicaux

134 039 entrées

Coulommiers

471 lits et places
19 433 entrées directes
117 000 passages externes
1 219 agents dont 144 personnels médicaux

420 621 passages externes

Marne-la-Vallée

724 lits et places
66 600 entrées directes
141 000 consultations externes
2 114 agents dont 332 personnels médicaux

5 897 agents dont 844 personnels médicaux

 


 

Une dimension
Patrick Fremontterritoriale

Construire un hôpital, créer son image et donner confiance aux patients

Entretien avec
Dr Patrick Fremont, chef de service psychiatrie
et président de la commission médicale d’établissement
du CH de Marne-la-Vallée

 

« Le CH de Marne-la-Vallée correspond à tout ce que l’on peut attendre d’un hôpital du 21ème siècle », c’est la conviction de Patrick Fremont. L’établissement a ouvert ses portes en janvier 2013 et met en avant sa double fonction de soins de proximité dans un bassin de vie étendu et celle de subsidiarité avec les 2 autres établissements du GHEF, pour offrir un service public de santé de pointe. Par exemple, à Marne-la-Vallée, le service public de cardiologie interventionnelle est le premier de l’Ile-de-France après l’APHP.

À Marne-la-Vallée, « nous sommes aux portes de Paris ! Là où nous sommes, ce n’était que des champs agricoles » rappelle le Dr Fremont. Avec l’arrivée de Disneyland, les rapports démographiques se sont radicalement inversés. Le bassin de Marne-la-Vallée est maintenant plus peuplé que celui de Meaux. Jossigny qui est une commune de 650 habitants a maintenant sur son territoire un hôpital ultra moderne de 2114 professionnels à quelques minutes à pied d‘une ligne de RER.

Le CH de Marne-la-Vallée est un bâtiment HQE où la lumière naturelle est largement distribuée, y compris dans les salles d’opération. Avec ses nombreux patios et ses chambres individuelles « les patients qui ont connu de vieux hôpitaux trouvent ici un établissement avec tous les standards de la modernité et du confort ». L’établissement dispose aussi d’une réserve foncière pour les besoins futurs. C’est un hôpital qui intègre un partenariat public-privé (PPP) avec 3 partenaires privés, 2 au sein même du bâtiment qui sont le service de radiothérapie et le service de médecine nucléaire ; le troisième étant l’hémodialyse.

GHEF-dessinNous sommes spécialisés dans le court séjour avec 278 lits et places au pôle médecine et urgences, 118 lits et places au pôle chirurgie, anesthésie, blocs, oncologie médicale et réanimation, 129 lits et places au pôle de la femme et de l’enfant et 199 lits et places au pôle psychiatrie. Le moyen séjour est largement représenté sur les CH de Meaux et de Coulommiers, toujours dans cette logique efficiente de subsidiarité. Nous proposons une offre de soins complète permettant de répondre aux besoins de santé des patients de notre sphère géographique.

Grâce au nouvel environnement, l’hôpital voit ses pôles d’excellence se renforcer. « L’arrivée prochaine du service de chirurgie vasculaire dans le cadre de notre réorganisation territoriale permettra de le conforter au sein d’une filière vasculaire interventionnelle. On peut aussi citer la chirurgie barbiturique, l’ORL qui nous permet maintenant d’organiser la permanence des soins dans cette spécialité pour l’ensemble du territoire et la maternité. La dimension territoriale est désormais très présente dans notre organisation. Elle repose sur la mise en place d’une véritable complémentarité avec les hôpitaux de Meaux et de Coulommiers et de cette volonté commune d’avancer ensemble ».

Et, l’actuelle procédure de certification s’avère être un très bon atout : « elle aide l’hôpital à construire son image, à donner confiance aussi bien aux patients qu’au personnel médical » ; c’est indispensable pour un établissement jeune et moderne. « Le GHEF est là pour nous y aider » conclut Patrick Frémont.

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Conserver
le socle

Georges Nicolaos

Les complémentarités du GHEF permettent d’atteindre une taille critique qui manquait.

 

Entretien avec
Dr Georges Nicolaos
chef de service pharmacie-stérilisation
et président de la commission médicale d’établissement
du CH de Coulommiers

 

Le CH de Coulommiers est avant tout un établissement de proximité mais cela ne l’empêche pas d’avoir un rayonnement jusqu’à Provins pour la pédopsychiatrie et l’addictologie. « Je défends la richesse de prise en charge à travers les filières graduées de soins dans le cadre du Groupe Hospitalier de l’Est Francilien. » indique Georges Nicolaos qui croit au projet du GHEF. « Certaines redondances ne peuvent être évitées entre les 3 hôpitaux mais les contraintes de proximité des soins font aussi que la subsidiarité ne peut être intégrale. Par exemple, pour l’obésité, le premier recours peut être à Coulommiers, mais en cas de réanimation, cela doit se faire à Marne-la-Vallée. »

Sur l’organisation en pôles, Georges Nicolaos rappelle qu’elle « est irréversible mais la notion de service reste un réflexe évident du patient car il a un sens médical précis. Le pôle c’est une question d’ingénierie et d’organisation interne. Les pôles transversaux sont indispensables et leur efficience attestée. Les chefferies partagées fonctionnent également bien. » Le CH de Coulommiers dispose de 259 lits de médecine, chirurgie et obstétrique, 77 lits de soins de suite et de réadaptation dont 10 lits pour les états végétatifs chroniques, 91 lits et places en psychiatrie (adultes et enfants) et 44 lits en maison d’accueil spécialisée (personnes handicapées). Les 5 pôles qui composent l’établissement proposent une large gamme de spécialités, de soins et de traitements de grande qualité, dont certains sont régionalement reconnus : médecine, ophtalmologie, chirurgie viscérale...

GHEF-img4Le nombre de passage aux urgences est de 30 000 par an à Coulommiers, « ce qui démontre l’attente et les besoins. La pédiatrie est également un service très actif et sollicité : 6 000 passages aux urgences par an, illustration d’un déficit médical dans le nord de la Seine-et- Marne où il n’y a pratiquement plus de pédiatres en ville. Par ailleurs, notre centre de soins et de prévention en addictologie est un point clé et un pilier de nos relations avec la ville. Il pourrait d’ailleurs être élargi à tout le territoire du nord Seine-et-Marne. N’oublions pas non plus d’évoquer la Maison de santé pluridisciplinaire et universitaire ouverte en 2012 en partenariat avec la ville et les professionnels de santé du secteur, qui vient renforcer et garantir les besoins du territoire. »

L’établissement se réunit régulièrement avec les EHPAD environnants pour fluidifier les prises en charge réciproques des patients / résidents. Le CH de Coulommiers travaille aussi sur la sécurisation du circuit du médicament par l’utilisation des codes-barres ; l’établissement est relativement en avance et son objectif est d’aller jusqu’à l’ultime étape, l’administration au patient. Le Dr Nicolaos ajoute que « les systèmes d’informations communs avec la médecine de ville doivent encore progresser dans la limite des règles sur la confidentialité. La maison de santé pourrait à l’avenir être connectée avec notre réseau ». La philosophie adoptée au sein du GHEF est aussi simple que constructive : « s’entraider entre les différents CH tout en gardant le socle de chacun. »

 


 

Dynamisme
et cohésion

Le CH de Meaux : un établissement renforçant le rayonnement régional du GHEF

Dr Bruno Guilmin & Dr Jean-Michel de Kermadec

Entretien avec
Dr Bruno Guilmin
chef de service anesthésie et président de la CME
&
Dr Jean-Michel de Kermadec
cardiologue et vice-président de la CME

 

« Une image groupe du GHEF est en train de se créer, elle se voit renforcée par une véritable politique de territoire, concrétisée par la signature d’un projet stratégique commun », Jean-Michel De Kermadec rentre d’emblée dans le vif du sujet. « Et pour que le projet soit viable et déclinable à l’ensemble des 3 établissements, il faut une véritable volonté des praticiens de travailler ensemble », ajoute Bruno Guilmin. Le bassin de vie de Meaux dépasse 300 000 habitants ; 20 % des patients proviennent de Picardie et de Champagne-Ardenne. Meaux est un CH à rayonnement régional comme peuvent l’être Pontoise et Versailles.

Meaux a la première activité chirurgicale de cancer de Seine-et-Marne avec une activité ambulatoire aux alentours de 40 %. Son service d’hématologie en augmentation de capacité traite des leucémies, des lymphomes et pratique des autogreffes. La dialyse, en extension également, s’oriente progressivement vers la dialyse péritonéale. Le service de neurologie, quant à lui, fait partie des deux centres IDF hors APHP qui assurent les urgences neurologiques.

Le CH propose également une permanence des soins pour le vasculaire, l’urologie, le thoracique et une permanence partagée entre les établissements de Meaux et de Marne-la-Vallée pour la chirurgie digestive et l’orthopédique. « Pour les douleurs chroniques, nous disposons d’un centre labellisé qui va s’ouvrir très prochainement à la ville. Nous avons également un panel complet d’activité de médecine : pneumologie, cardiologie, diabétologie, etc... »

La maternité de niveau 3 atteint un taux de 80 % de péridurales. Par ailleurs, Meaux sera dans un futur proche le seul centre de l’est francilien à faire de la procréation médicalement assistée. Côté ophtalmologie, le service vient de se renforcer de 3 médecins, il est reconnu pour la chirurgie de la rétine.

Très actif dans le domaine de la recherche clinique (protocoles de cancérologie avec une soixantaine d’études en cours, laboratoire de bactériologie et d’hémostase), Meaux l’est aussi en matière d’enseignement en accueillant 70 internes. L’établissement souhaiterait désormais faire appel à des externes et des assistants partagés avec les universités. Bruno Guilmin insiste bien : « le CH de Meaux est pilote sur la Téléneurologie et en attente d’une informatisation complète de l’établissement afin de faciliter les relations entre services mais aussi, et presque avant tout, avec les autres établissements du GHEF ». La conclusion appartient à Jean-Michel De Kermadec : « Le CH de Meaux est un établissement dynamique dans lequel existe une grande cohésion entre professionnels de santé. »

 

Chiffres clés 2012

248 lits et places de médecine
101 de chirurgie
55 lits de maternité de niveau 3
37 de pédiatrie
24 de néonatologie et réanimation néonatale
12 lits de réanimation polyvalents
6 lits d’unité de soins continus (USCI)
1 unité de soins cardiologiques
1 unité de soins neurologique et
1 salle de réveil ouverte 24h/24 de 14 lits
136 de psychiatrie
30 lits EHPAD,
60 lits USLD
97 lits SSR
29 lits médecine physique et réadaptation
18 places de pédopsychiatrie