CH MONT DE MARSAN

Mont-de-Marsan-1

 

 

 

 


 

Alain SoeurLa fin du
« Landais à roulettes »

Le CH de Mont de Marsan a développé des coopérations et des équipements partagés afin d’étendre son activité et d’améliorer le service rendu à la population.

Entretien avec
Alain Soeur, Directeur général

 

Mont de Marsan possède un caractère géographique particulier. C’est une clairière au coeur du territoire landais. Les 380 000 habitants sont répartis sur l’un des départements les plus vastes du territoire métropolitain. Pendant des années, la population n’a été traitée que comme « un malade à roulettes » qui était déplacé en dehors du territoire pour toute prise en charge ou examen. Pour se faire soigner, elle était obligée d’aller à Bayonne ou à Pau voire de se rendre sur le pôle bordelais composé d’un CHU et de très nombreuses cliniques. De même, le département des Pyrénées Atlantiques attirait de nombreux patients du fait d’un suréquipement lié à la bipolarité – Béarn et Pays Basque – du territoire. Tous ces pôles environnants avaient besoin d’un « glacis sanitaire » pour se développer.

Un positionnement
à affirmer et affermir

Mont-de-Marsan-2Discipline par discipline, le CH de Mont de Marsan a dû trouver sa place et justifier son développement d’activité. Ce positionnement nouveau était nécessaire dans les disciplines où chaque minute compte pour le patient. Il a été justifié a posteriori par l’élaboration des seuils de temps pour une prise en charge. Ainsi, une Unité Neuro-Vasculaire a été créée afin de mettre en oeuvre des activités de thrombolyse. Grâce à une seconde IRM et à la formation des professionnels, les patients admis pour des problèmes neurologiques peuvent bénéficier de cette technologie à tout moment. Le système d’imagerie PACS permet la transmission des images au CHU de Bordeaux et le transfert rapide si une neuro-chirurgie est nécessaire.

De même, la fusion entre l’hôpital Layné et l’hôpital Sainte Anne, en 2000, était cruciale pour maintenir un pôle attractif et de taille critique dans les Landes. Elle s’est faite sans troubles sociaux car les personnels avaient conscience du positionnement fragile de leur établissement. Ce mouvement incarne la volonté d’un pôle sanitaire important afin de peser sur les décisions politiques. Les Landes étaient le dernier département de France à ne pas posséder de services de médecine nucléaire. Or, ces méthodes sont moins invasives et permettent de suivre l’évolution du traitement, notamment en oncologie et en cardiologie. Un travail important a été mené avec le CHU de Bordeaux et notamment le Professeur Bordenave afin d’installer ce service et d’attirer des professionnels. L’inauguration en 2014 du service, grâce à des temps partagés de PH entre le CHU et le CH de Mont de Marsan, ouvre toutes les voies diagnostiques.

Une stratégie de coopération
offensive

Le CH de Mont de Marsan a développé des coopérations et des équipements partagés afin d’étendre son activité et d’améliorer le service rendu à la population. Cette démarche est ancienne et s’était traduite par la création d’un Syndicat Interhospitalier. Ce dernier avait permis au territoire landais de disposer d’une première IRM avant d’autres départements de la région. La Communauté Hospitalière de Territoire (CHT) des Landes a vu le jour au début de l’année de 2012. Elle a succédé au Syndicat Inter-Hospitalier et comprend les CH de Mont de Marsan, de Dax, de St Sever et le pôle gériatrique de Morcenx. Pour Alain Soeur, la CHT n’a pas de sens sans l’existence des Fédérations Médicales Interhospitalières (FMI) qui en forment ses structures de base. Le directoire de la CHT a vocation à définir la politique générale et à créer les conditions des échanges. La CHT a une fonction essentiellement politique alors que les FMI sont des outils, non indépendants de la CHT, pour rendre concret le projet médical. Pour Alain Soeur, « les fédérations créent l’évidence et permettent aux équipes de se rencontrer ». La CHT ne peut exister et fonctionner que s’il existe des équipes de territoire. Les FMI incarnent le caractère territorial de la médecine. Par exemple, la FMI de psychiatrie facilite la mise en place d’une politique de santé mentale au niveau du département. Elle permet le développement des actions au quotidien pour le suivi des malades et la restructuration de la gestion médicale au niveau du département.

Mont-de-Marsan-3Une culture commune
en construction

L’avenir de la CHT réside dans la mise en commun d’outils de gestion et l’instauration d’un sentiment d’appartenance. Un concours entre les établissements a été lancé afin de trouver un logo à la CHT. Celui-ci pourra donner un supplément d’âme à cette coopération et à l’incarner. Cette logique de regroupement renforce l’attractivité des pôles hospitaliers. Les praticiens recherchent, avant tout, un travail en groupe et des équipes de taille conséquente.

Des restructurations
permanentes au service d’une ambition de proximité et de qualité

L’hôpital de Mont de Marsan s’est restructuré au fil des années. Le stade voisinant l’hôpital vient d’être acheté. Ainsi, l’hôpital n’aura pas besoin d’être reconstruit à l’extérieur de la ville. Cette « dernière frontière » permet au CH de disposer de 1,5 hectare constructible en plein centre-ville. Le schéma directeur de l’hôpital prévoit son extension en plein centre ville. L’hôpital peut donc se restructurer en milieu urbain. Le CH a maintenant les moyens de ses ambitions en matière de développement et de proximité.

Un hôpital beau
et signifiant

Le programme de construction du CH doit être structurant non seulement pour l’hôpital mais il doit aussi être signifiant quant à la place de l’hôpital dans la ville. En effet, les hôpitaux marquent le paysage urbain sur plusieurs générations. Les constructions hospitalières ne doivent pas, selon Alain Soeur, abandonner l’objectif d’embellir la ville. Les bâtiments publics véhiculent une image au sein des villes. Les logiques fonctionnelles qui sous-tendent la construction des hôpitaux ne doivent pas annihiler toute vision humaniste et esthétique pour l’hôpital.

 


Marie-Pierre BrechetOuvrir les portes
et les fenêtres

Une révolution doit avoir lieu : la communication et les regards doivent être tournés vers la ville.

Entretien avec

Marie-Pierre Brechet,
Présidente de la Commission Médicale d’Établissement

 

L’axe principal du projet médical de l’établissement est l’ouverture de l’hôpital vers la ville. Ce positionnement veut accélérer une prise de conscience : l’hôpital n’est qu’un des maillons du parcours de soins. Le patient y vient mais n’y vit pas. Une révolution doit avoir lieu : la communication et les regards doivent être tournés vers la ville. Pour améliorer le parcours de soins, des newsletters adressées aux médecins de ville ont été créés et les commissions ville-hôpital ont vu leurs rôles accentués. Ces dernières ont un rôle pratico-pratique et se concentrent sur les besoins respectifs des médecins de ville et des hospitaliers. Ainsi, la télémédecine et la messagerie sécurisée apparaissent comme des priorités pour tous les professionnels. Toutes les solutions envisagées ont un unique impératif : la simplicité de mise en oeuvre. Ces éléments ont, par conséquent, été repris dans le projet médical.

 

Dessin de JicéUn hôpital
en dynamique

De nouvelles activités au CH de Mont de Marsan. Au premier février 2014, un département de médecine nucléaire ouvrira ses portes. Deux médecins nucléaires – en poste partagé avec le CHU de Bordeaux – viendront agrandir et renforcer l’équipe médicale landaise. Une telle ouverture nécessite une communication importante vers les professionnels extérieurs mais aussi de l’hôpital. Les différents examens ne devront plus être envoyés vers d’autres centres mais effectués par l’hôpital. Cette communication doit aussi aller à la rencontre des patients.

Un plan de développement des activités a été élaboré discipline par discipline. Sont particulièrement ciblées les pathologies qui représentent les plus grands risques pour les populations. Ainsi, l’hôpital renforce son service d’oncologie car le cancer est une des maladies à la prévalence la plus élevée. De même, un service de cardiologie interventionnelle a été créé afin de développer les activités de coronarographie et d’angioplastie. La création de cette filière complète aura pour effet de diminuer la perte de chances des patients et la qualité du suivi des populations. Ainsi, le transfert vers Pau – qui augmentait le temps d’attente avant une prise en charge – n’est plus nécessaire pour les coronarographies et les angioplasties.

 

Des Fédérations Médicales
Inter-hospitalières dynamiques et structurantes

La CHT facilite le développement des activités à travers la mise en oeuvre de synergies inter-hospitalières. Le premier projet médical de la Communauté Hospitalière de Territoire (CHT) a été centré sur les complémentarités entre les deux centres hospitaliers du territoire – Dax et Mont de Marsan –. Par exemple, en cardiologie toute l’activité de rythmologie est effectuée par le CH de Dax alors que les angioplasties ont lieu au CH de Mont de Marsan.

Néanmoins, les Fédérations Médicales Inter-hospitalières (FMI) permettent des avancées plus rapides et plus concrètes que la CHT. Elles existaient avant la CHT. Elles s’incarnent dans des projets médicaux. Par exemple, la FMI de cardiologie a facilité le travail entre tous les services d’urgences afin de couvrir l’ensemble du territoire. Celle de neurologie a accéléré la mise en place des deux UNV du territoire afin de limiter la perte de chances des patients. Ces fédérations permettent une « interconnaissance » des professionnels que ce soit les chefs de service, les médecins ou les cadres de santé. La présence d’un directeur dans la FMI, ou attaché à celle-ci, est un véritable plus, notamment pour en structurer l’organisation et la manière de travailler. Elles encouragent la protocolisation des prises en charges médicales ou l’instauration d’astreintes communes comme c’est le cas en chirurgie vasculaire. Selon la présidente de la CME, il faudra – néanmoins – aller plus loin en intégrant ces FMI dans le projet médical de la CHT ou en créant des GCS. Qui plus est, elle prône une plus grande coordination des directions et des mutualisations dans certains domaines.

 

Vers des coopérations
avec le secteur privé

Un axe futur de la CHT concerne le travail avec le secteur privé. Pour Marie-Pierre Bréchet, il ne faut pas faire preuve de « dogmatisme » sur le sujet et promouvoir un système créant un égal accès des soins – publics ou privés – à tous. Il sera difficile dans l’avenir de maintenir des activités de stérilisation sur chaque plateau technique à Mont de Marsan. Une coopération entre le CH de Mont de Marsan et la clinique présente sur la ville apparaît aussi nécessaire qu’inéluctable. De même, le deuxième IRM présent au CH de Mont de Marsan a été obtenue grâce à une coopération public-privé.

 

Une pharmacienne à la tête
d’une CME, un positionnement particulier

La présence d’une pharmacienne à la tête de la CME entraîne des spécificités dans le positionnement institutionnel. Les pharmaciens ont l’habitude de travailler sur les questions médico-économiques et sur la gestion des risques à la différence d’une partie du corps médical. Marie-Pierre Bréchet remarque, toutefois, qu’un des leviers pour faire prendre conscience de la prégnance du médico-économique réside dans les comptes de résultats analytiques. Ces derniers permettent la mise en regard des activités par rapports aux coûts. Afin de faire évoluer certains dossiers – comme la gestion des temps médicaux – la présidente de CME a annoncé qu’elle ne ferait qu’un seul mandat afin de ne pas être pris dans « les jeux de réélection ». Par ailleurs, elle note les spécificités de la loi HPST qui ne demande le vote du bureau de CME que dans un nombre limité de cas. Sur la plupart des sujets, seule la consultation est de règle et le président de CME peut, par conséquent, faire avancer les dossiers qu’il juge prioritaires.

 


 

Denise DesbordesUne psychiatrie
dynamique et novatrice

Une des spécificités de la prise en charge à Mont de Marsan est que toute l’hospitalisation intra-hospitalière est intersectorielle.

Entretien avec

Denise Desbordes,
cadre supérieure de santé en psychiatrie

 

Les CH de Mont de Marsan et Dax gèrent 4 secteurs de psychiatrie adulte et 2 secteurs de pédopsychiatrie soit 231 lits d’hospitalisation. L’hôpital de Mont de Marsan a la charge de 3 secteurs extrahospitaliers adultes, d’un secteur de pédopsychiatrie et 216 lits d’hospitalisation complète. Depuis 2007, lors de la mise en place du pôle de psychiatrie, les deux établissements a opéré de grands changements organisationnels.

 

Une inter-sectorisation
exigeante et réfléchie

Une des spécificités de la prise en charge à Mont de Marsan est que toute l’hospitalisation intra-hospitalière est intersectorielle. Le parcours de soins du patient est, de cette manière, clarifié et coordonné. Le patient peut être admis sous contrainte dans un pavillon fermé, ou dans l’un des pavillons d’hospitalisation libre, selon sa pathologie. Ces trois types d’accompagnement sont valables pour les quatre secteurs psychiatriques dont le CH à la charge. Pour ce faire, neuf unités de soins de type pavillonnaire sont à disposition. La volonté d’aménager les prises en charges et de les adapter aux caractéristiques des patients ne s’arrête pas là. On peut en citer quelques exemples.

 

La prise en charge
de la psychiatrie du sujet âgé

Mont-de-Marsan-4Il a été créé un pavillon intersectoriel de 18 lits de psychiatrie du sujets âgés. Il faut différencier cette problématique de la géronto-psychiatrie, et de la gériatrie qui sont plus axées sur les problématiques de démence et d’Alzheimer. Le dispositif est complété depuis quelques mois par une équipe mobile d’intervention composée de deux infirmières. Celle-ci est amenée à se déplacer dans les différents EHPAD de la ville, aux domiciles des personnes et dans les services de soins de l’hôpital. Il faut distinguer cette équipe de l’unité mobile de gériatrie qui exerce à l’intérieur de l’hôpital Layné et qui n’est pas spécialisée en psychiatrie. Les équipes mobiles d’intervention cherchent à éviter les hospitalisations des personnes âgées, à soutenir les équipes par une intervention précoce et, quand cela est inévitable, à préparer les hospitalisations. Elles peuvent travailler sur signalement ou en première intention. Elles permettent une première prise en charge du patient avant que celuici soit vu par un gériatre et un psychiatre. Ces deux infirmières, qui ont passé un DU de gérontopsychiatrie et disposent de protocoles d’intervention, aident les familles et les EHPAD pour le retour au domicile après les hospitalisations. Des conventions sont signées avec les EHPAD et avec les services de gériatrie. Un contrat « inter-pôles » a également été signé entre les pôles de gériatrie et de psychiatrie.

 

Hospitalier et pénitentiaire :
deux mondes à marier

La création, en 2009, d’un centre pénitentiaire de 690 places – contre 80 auparavant – a profondément modifié la demande en soins psychiatriques pour des personnes détenues sur le territoire. Le CH a dû mettre en place des réponses novatrices concernant le monde pénitentiaire. La place de la psychiatrie dans le milieu pénitentiaire a trop souvent été sous-estimée. Ainsi, un dispositif d’hospitalisation particulier a été créé pour les détenus. Un pavillon allie des conditions spécifiques de sécurité aux exigences liées aux soins. Il est composé de 6 lits pour les détenus et fonctionne dans une unité de 30 lits au total. Outre les six lits réservés pour les détenus, 24 lits accueillent les personnes hospitalisées sous contrainte pour de très longues périodes (levées d’écrou, personnes reconnues irresponsables). Ils permettent l’hospitalisation des patients détenus dans des conditions satisfaisantes de prises en charge. Ils sont hospitalisés dans des locaux et avec des personnes qui permettent d’assurer une qualité de soins adaptée. Certains patients peuvent être adressés, en dernier recours, à l’Unité pour Malades Difficiles de Cadillac.

La prise en charge des détenus demande des infrastructures et des moyens particuliers. Les détenus rencontrent à intervalle régulier le juge des libertés et de l’application des peines. Au CH de Mont de Marsan, 50 % des entretiens se font sur place et 50 % au tribunal selon les disponibilités des juges et l’état de santé du patient. Néanmoins, de telles contraintes peuvent être lourdes à gérer pour des patients hospitalisés sous contrainte. Elles sont souvent sources de stress et de peur. Le temps judiciaire n’est jamais le même que le temps médical. Non seulement, la plus grande présence de détenus modifie la demande en soins du milieu carcéral mais elle a des conséquences sur la sociologie de la ville, le portrait épidémiologique de la population et sur la demande de soins psychiatriques puisqu’un certain nombre de détenus restent dans la région de Mont de Marsan au terme de leur peine.

 

Entre la pédopsychiatrie
et la sectorisation : une prise en charge
novatrice des adolescents

Mont-de-Marsan-5Une autre prise en charge novatrice du CH de Mont de Marsan concerne l’hospitalisation complète des adolescents. Dix adolescents peuvent être pris en charge en hospitalisation complète : 4 dans un pavillon fermé de court séjour d’admission et 6 dans un autre pavillon en séjour prolongé. Dans ce dernier, 4 éducateurs spécialisés du Conseil Général ont été mis à disposition de l’hôpital pour préparer et accompagner les patients lors de leur sortie d’institution. Ils travaillent aussi bien à l’hôpital Sainte-Anne que dans certains centres d’hébergement extrahospitalier. Une réflexion commune et conséquente a été menée sur les « référentiels métiers » des deux professions d’infirmiers et d’éducateurs spécialisés afin de cerner la plus value des deux métiers et surtout du travail en commun. Ces activités résultent de questionnements différents : les éducateurs spécialisés cherchent à mobiliser les ressources du patient afin de faciliter sa vie courante alors que les IDE veulent identifier les freins au développement du patient. La prise en charge des adolescents est possible grâce à des partenariats très étroits avec les services sociaux du Conseil Général ou de l’État. Un réel maillage du territoire est organisé pour les adolescents avec une Équipe Mobile Adolescent adossée à un hôpital de jour en ville.

 

Vers un accompagnement
des handicapés psychiques ?

L’hôpital a comme projet de développer une maison d’accueil spécialisée afin d’offrir des prises en charges adaptées pour les personnes handicapées. Les professionnels de psychiatrie veulent améliorer, en collaboration avec les travailleurs du secteur médicosocial, le parcours de ces patients très particuliers. Le but de cette structure est de prendre en charge les troubles du comportement avant qu’ils ne dégénèrent et d’assister les différentes structures médicosociales du département.

 


 

Philippe ViardL’hôpital
numérique

Les demandes des différents professionnels étaient semblables et concernaient de manière principale l’ergonomie et la flexibilité de l’outil.

Entretien avec

Philippe Viard,
Directeur du système d’information

Une harmonisation
informatique ancienne

La fusion entre l’hôpital psychiatrique et un hôpital général a été mise en oeuvre en 2000. L’unification des systèmes d’information a été l’un des grands chantiers préalables à cette opération. Il a concerné, en premier lieu, les applications administratives telles que la paye, la facturation, la commande ou la gestion administrative des patients. Un logiciel commun de gestion du temps de travail a été mis en place dans un second temps.

 

Un dossier patient unique
précurseur

Le CH dispose, actuellement, d’un unique dossier patient. Il permet une saisie décentralisée des courriers, des diagnostics et des actes. Même si, au moment de la fusion, ce logiciel offrait également la consultation des résultats de laboratoire et des comptes rendus des actes d’imagerie, il restait un outil utilisé a posteriori pour saisir les informations règlementaires. La tenue du dossier patient n’était pas possible en temps réel. Le processus de certification de 2004 a conduit à l’émission d’une réserve sur la tenue du dossier patient et a permis des avancées significatives. Dans le même temps les pharmaciens de l’établissement avaient élaboré un projet de sécurisation du circuit du médicament. Cette réflexion a été élargie grâce à un cadre supérieur de santé chargé de la qualité et à une intense réflexion interne sur l’interopérabilité des systèmes informatiques et du dossier patient. Un groupe de travail comportant des médecins, des soignants, une pharmacienne et un informaticien a été constitué afin de déterminer un logiciel idoine. Il a effectué un tour de France préliminaire pour étudier un projet de Dossier Patient Informatisé.

 

Un choix collectif
et audacieux

Au cours de l’appel d’offre, les candidats ont été invités à présenter leur produit sur le site du CH de Mont de Marsan en ateliers consacrés aux divers métiers : pharmaciens, DIM, secrétaires, soignants, et médecins. La participation des différentes équipes à cette phase de travail préliminaire et de choix a été importante. Le groupe de travail a veillé à éviter un logiciel trop spécifique à une spécialité particulière et qui poserait par la suite des problèmes d’interface avec le dossier patient général.

Par exemple, la solution d’un logiciel spécialisé pour les prescriptions de médicaments n’a pas été retenue. Les demandes des différents professionnels étaient semblables et concernaient de manière principale l’ergonomie et la flexibilité de l’outil. Il fallait éviter un « produit patchwork » sans vue d’ensemble ou un produit dont le suivi commercial pourrait laisser à désirer. Ainsi, la santé financière des éditeurs, leurs références et leur développement ont été pris en compte.

Le choix du logiciel « Crossway » a été guidé par cette analyse. L’expérience acquise par l’éditeur dans le domaine du PMSI, de la gestion des courriers et des rendez-vous garantissait une non-régression par rapport à l’application précédente. Le pari concernait sa performance dans le domaine des prescriptions, de la sécurisation du médicament et du dossier de soins. L’application ne présentait, alors, aucune référence opérationnelle. Le coeur du dossier patient est « Pastel » qui génère le numéro de venue et la gestion administrative du patient. En retour, les différents actes et compte rendus sont accessibles par « Crossway » dans ce dossier patient coeur. L’atout majeur du logiciel réside dans le contrôle efficace des prescriptions. Un outil propre à la pharmacie est, par conséquent, superflu.

 

Mont-de-Marsan-6Un passage dans la douceur
du système d’information

Le démarrage du logiciel a été mis en oeuvre au mois de janvier 2007. Le but premier était de ne pas avoir un logiciel régressif. Toutes les informations de l’ancien système d’information ont été récupérées. De nombreuses formations – notamment de formateurs relais – avaient été organisées préalablement à cette mise en oeuvre. Le palier 2 de la mise en place a concerné la mise en oeuvre des prescriptions médicales dématérialisées. Un service avait été choisi pour tester la délivrance de prescriptions, le plan de soin numérique et la validation des ordonnances. L’appropriation de l’outil informatique, notamment lors des visites médicales et infirmières, a été bonne puisqu’il n’est plus utilisé de formulaires papiers.

 

Des enjeux plus globaux

Un déploiement à aussi grande échelle est encore rare dans les hôpitaux français et conduit à découvrir souvent de nouveaux problèmes : caractère « capricieux » de la couverture Wi-fi, problème de performances engendrées par le nombre de dossiers et leur volume (notamment dans les services de long séjour), difficulté à mettre en place certaines interfaces. Ainsi, sur le site de Nouvielle l’épaisseur des murs a obligé la mise en place de bornes Wi-fi relais plus nombreuses.

 

De l’imagerie de haute résolution
à disposition

Un système novateur de suivi de résultats d’imagerie a été mis en oeuvre depuis 2007 : le PACS. Il permet l’envoi de séries d’images à haute résolution. Deux avantages cruciaux apparaissent : la qualité de l’imagerie et la mise à disposition de nombreuses coupes différentes. Ainsi, le praticien peut faire défiler les coupes d’IRM depuis son service ou depuis la salle de bloc. Ce système permet, par exemple, la lecture des clichés faits au centre pénitentiaire (UCSA) par des praticiens présents sur le site de Layné ou les conférences – tous les lundis – entre les professionnels d’oncologie de Dax, de Bayonne et de Mont de Marsan. On a constaté une baisse de la mortalité des personnes atteintes d’AVC. Les images d’IRM sont interprétées rapidement ce qui permet de réaliser la thrombolyse dans les délais requis ou de transférer le patient si l’acte chirurgical est nécessaire. Ce système tend à se développer en France depuis 5 ans. La particularité du CH de Mont de Marsan concerne la pleine intégration du PACS dans le dossier patient. Le PACS permet, aussi, au patient et aux médecins généralistes d’accéder à ces radiographies.

 

Un hôpital en avance
sur les domaines cibles du plan hôpital numérique

Grâce à la mise en place du DPI et du PACS, l’hôpital est bien positionné par rapport aux domaines cibles du plan Hôpital Numérique. Paradoxalement, un travail plus important reste à mener pour satisfaire les prérequis de celui-ci. Si le domaine « Identité–Mouvement » est logiquement bien couvert, une réflexion relativement importante reste à mener pour formaliser les dispositions mises en oeuvre sur les autres domaines. Les échéances prochaines viendront des CPOM et des campagnes de certification des comptes et de leur guide des systèmes d’informations. Les investissements passés et la formation du personnel rendent ses objectifs très réalisables.

 

Une ouverture
vers l’extérieur nécessaire

Néanmoins, certains chantiers particuliers restent à mener. L’enjeu principal de l’hôpital numérique concerne l’ouverture vers le monde extérieur. La question de l’extrahospitalier se pose avec acuité. Permettre l’accès à Crossway en situation de mobilité nécessite la mise en place d’une infrastructure appropriée d’accès sécurisé. Des développements sont en cours pour communiquer certaines informations de Crossway au DMP ou aux médecins traitants par messagerie sécurisée. Ce sont les prémices de ce que devra être un jour le véritable dossier patient renseigné et utilisé en collaboration par les divers professionnels. Pour cela, les médecins devraient être non seulement formés mais également habitués au logiciel. Il faudrait en généraliser l’usage au lieu de ne l’utiliser que pour quelques patients comme c’est le cas actuellement (maison de retraite).

Dans le cadre de la CHT, des discussions sont en cours pour harmoniser l’archivage des clichés. Le partage d’informations pourrait aussi exister avec des établissements n’appartenant pas à la CHT comme Bayonne et Pau.

 


 

François FontanelDéménager
ou rester ?

En cohérence avec le schéma directeur en cours d’élaboration, des opérations majeures de restructuration et de mise en conformité ont été engagées pour une dépense de 6.7 millions d’euros en travaux et 4.6 millions en équipements et seront terminées début 2014

Entretien avec

François Fontanel,
Directeurs des services techniques

 

L’hôpital de Mont de Marsan a écrit son plan directeur dans les années 1990. L’alternative entre la restructuration de l’hôpital et la construction d’un hôpital neuf s’était posée avant le lancement de l’opération de travaux. La restructuration in situ a été privilégiée du fait de son coût moindre et de sa réalisation par phase. Cette dernière assurait une faisabilité en termes de fonctionnalité et de financement. La réalisation de ce plan directeur a permis de restructurer une partie importante du site.

Pour répondre au nouveau projet médical, à l’évolution des contraintes techniques et réglementaires, un nouveau schéma directeur a été engagé en 2012. L’hôpital ne cessant de s’agrandir depuis une cinquantaine d’années, et malgré l’obligation incontournable de rationaliser les surfaces, il était devenu évident que la place allait manquer pour développer l’ensemble de ces projets. Pour répondre à ces besoins, l’acquisition d’un ancien terrain de rugby d’une surface de 14 000 m² a été réalisée début 2013. Cette acquisition foncière d’une valeur de 1 million d’euros a été compensée par la vente de 46 000 m² de terrains situés derrière l’hôpital Sainte Anne – dont la ville avait besoin pour des projets routiers – et d’un château désaffecté bâti sur 10 ha de terrains agricoles. Le coût de cette opération immobilière d’ampleur est donc presque neutre pour le CH.

 

Un politique de travaux
ambitieuse et continue

Le CH de Mont de Marsan se développe et se restructure continuellement pour s’adapter aux besoins de la population landaise qui croît de manière régulière. Afin de maintenir une prise en charge de qualité et de proximité des habitants, de nombreuses opérations de travaux ont été réalisées ces dernières années comme la construction d’un nouveau plateau de l’urgence ou comme la restructuration de l’ensemble des services d’hospitalisation de chirurgie. En cohérence avec le schéma directeur en cours d’élaboration, des opérations majeures de restructuration et de mise en conformité ont été engagées pour une dépense de 6.7 millions d’euros en travaux et 4.6 millions en équipements et seront terminées début 2014 :

  • L’extension du service d’imagerie médicale avec la création d’un secteur réservé à l’imagerie de coupes permettant l’installation de 2 IRM répondant ainsi au besoin croissant de cette activité ;
  • La restructuration et l’extension de la réanimation avec création de lits de suite. Les locaux actuels dataient en effet de 1980 et, malgré plusieurs réhabilitations, ne permettaient plus de répondre à l’accentuation de la technicité de cette discipline et à l’évolution des réglementations ;
  • La restructuration et l’extension de l’unité de soins intensifs avec la création d’un plateau technique de cardiologie intégrant les activités de coronarographie et de cathétérisme, ainsi que les consultations et explorations fonctionnelles.

Mont-de-Marsan-8Un autre des grands chantiers concerne la création d’un département de médecine nucléaire. Ce projet stratégique pour le centre hospitalier de Mont de Marsan a pu voir le jour grâce à l’appui du CHRU de Bordeaux et la volonté des acteurs politiques d’avoir une offre publique de santé dans ce domaine. Ce nouveau service est aménagé dans les locaux disponibles du bâtiment des urgences avec un plateau technique de 900 m2 au rez-de-jardin et l’ensemble des installations techniques au niveau - 2 : traitement des effluents, traitement d’air, stockage des déchets, etc. L’activité débutera début 2014 avec une caméra de scintigraphie. La deuxième caméra sera installée peu après et accompagnera la montée en charge. Ces équipements sont loués 7 ans avec possibilité d’extension pour 3-4 années supplémentaires. Ils représentent une dépense d’environ 1,3 millions d’euros. La location du matériel permet de soulager la section d’investissement tout en garantissant le renouvellement régulier. Conformément au SROS, une réserve foncière est prévue, dès à présent, dans ce plateau technique, afin d’accueillir la TEP. Ces aménagements et installations techniques très sophistiqués ont été réalisés avec le soutien de l’Agence de Sureté Nucléaire (ASN) mais aussi d’équipes spécialisées du CHU de Bordeaux ou de cabinets privés. Les choix techniques comme les choix de matériel ont été effectués de manière collective. Un médecin nucléaire, un radio-physicien, une radio-pharmacienne, un directeur et un ingénieur biomédical ont, ainsi, collaboré à ces décisions.

 

Une réorganisation
des blocs à venir

L’ensemble des travaux entrepris par le CH accompagne le développement des activités médicales. Ainsi, beaucoup de réaménagements sont prévus dans le domaine des blocs opératoires. La restructuration et l’extension des activités de stérilisation, la mise en conformité des postes de SSPI, et l’intégration des activités d’endoscopie dans le bloc opératoire ont été planifiées pour fin 2015. La sécurisation et la mise en conformité du bloc obstétrical avec création d’une salle de césarienne est également prévue sur 2014.

 

Mont-de-Marsan-7Site de l'hôpital Sainte Anne

 

Un établissement engagé
dans le développement durable

Dans les projets de constructions futures, le CH fait le pari des énergies renouvelables. Un des projets novateurs conduit en partenariat avec la ville de Mont de Marsan, concerne le développement de la géothermie, déjà installée, sur le site de l’hôpital Sainte Anne. Actuellement, 250 m3 d’eau sont prélevés à 1400 m de profondeur. Il est prévu d’étendre cette exploitation et d’installer sur ce site une serre photovoltaïque. Le schéma directeur a aussi prévu de déplacer la chaufferie existante sur le site de l’hôpital Laynë, Des études sont en cours pour l’installation de d’une nouvelle centrale d’énergie avec l’objectif de développer la biomasse (chauffage bois).