Bientôt, le patient refusera d’être opéré par la main humaine, source d’erreur, et exigera un second diagnostic du docteur Watson. Bientôt, plus habitué à voir des AGV que des humains transporter les médicaments, il s’étonnera de croiser du personnel hospitalier dans les couloirs. Robot après robot, service après service, « La médecine sans médecin » du professeur Guy Vallancien pointe le bout de son nez et modifie en profondeur le système de santé tandis que la robotique supporte les taches logistiques et matérielles : préparation et livraison des repas, distribution nominative des médicaments, gestion des stocks en temps réel mais aussi administratives : envoi standardisé de courriers, accueil, orientation et enregistrement des patients par le biais de bornes aux questions préenregistrées.

Les séniors ne sont pas technophobes et la génération XYZ baigne dans les TIC depuis l’enfance. A l’heure du transhumanisme, de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies vulgarisés par des séries télévisées (on pense notamment à Black Mirror ou à Real Human) ou par des films (Her, I Robot...), le patient 3.0 et le personnel soignant semblent accueillir ces innovations de manière naturelle. Enquête sur les robots au service de la santé.

La chirurgie du XXIème siècle

A l’occasion d’une porte ouverte, patients et visiteurs ont pu découvrir un nouveau venu dans la salle du bloc opératoire de la Clinique de l’Anjou : le robot chirurgical Da Vinci.

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Depuis sa console, le chirurgien actionne les « bras articulés » du robot pour opérer avec une précision et une dextérité hors norme. 150 patients ont déjà pu bénéficier de cette nouvelle chirurgie robotisée. Entretien avec le Docteur Patrick Locufier - Anesthésiste- Réanimateur et Président de la clinique de l’Anjou, établissement de 346 lits situé en Maine et Loire.

 

DH MAGAZINE – En 2014, vous avez choisi de doter l’établissement d’un robot Da Vinci. Pour quelles raisons ? Et comment l’utilisez-vous ?

Patrick locufier – Cette acquisition rentrait dans notre projet médical d’établissement. L’intérêt de la clinique concernait 4 de nos spécialités. Sur les types d’interventions concernant les pathologies liées au cancer, nous avons ciblé essentiellement l’urologie qui représente 70% de l’activité robotique car c’est une chirurgie très localisée. Grâce à la vision en 3D et grossissante 15 fois par rapport à l’œil humain, le chirurgien peut se repérer plus aisément à l’intérieur du corps.

Pour le patient, les bénéfices sont multiples : douleur amoindrie, moins de saignement, dimi- nution de la durée d’hospitalisation, récupération plus rapide de la fonction urinaire, diminution du risque d’incontinence de longue durée et moins de pathologie liée à l’érection.

Nous avons également la partie chirurgie gynécologique, viscérale et ORL avec, pour cette spécialité, un intérêt non négligeable pour le patient. Il n’est plus nécessaire d’ouvrir le coté du visage et d’enlever un bout d’os pour atteindre la tumeur. Avec cette technique, le chirurgien passe par voie endo-bucale et opère le cancer par l’intérieur de la bouche en évitant des délabrements osseux et une trachéotomie. Moins de douleurs, une récupération plus rapide, des procédures moins invasives... les bénéfices patients semblent immenses par rapport à une chirurgie plus « traditionnelle » !

En effet, les pinces chirurgicales du robot qui tournent sur elles-mêmes sur 360°, ce que ne fait pas la main humaine, permettent un accès par de mini-incisions et diminuent significativement les douleurs post-opératoires, les cicatrices, les saignements et les complications. La robotisation apporte très nettement une plus grande sécurité chirurgicale. elle absorbe les éventuels tremblements du chirurgien et grâce à une vision en 3D, offre une meilleure visibilité des vaisseaux, des nerfs ou des tissus.

DH : Comment sont formés les chirurgiens ?

Ils se forment dans les grands centres de chirurgie robotique. Sur notre site, nous avons également investi dans un simulateur. La formation des chirurgiens dure environ 2 mois et ils sont « parrainés » par un référent avant de pouvoir opérer seul. Les aides opératoires et les infirmiers de bloc doivent également se former car la chirurgie par robot assisté requiert un véritable travail d’équipe et une modification des pratiques au sein du bloc.

DH : Vous êtes pour le moment le seul établissement du Maine et Loire à posséder un tel robot. Mais comment voyez-vous la chirurgie dans 10 ans ? Les robots feront-ils partie intégrante des salles d’opération ?

C’est la chirurgie du XXIème siècle ! L’évolution va naturellement tendre vers des chirurgies moins invasives, avec des durées de séjour plus courtes. tout cela concoure à aller dans le sens de la robotisation. Quand nous avons implanté le nôtre il y a 1 an, il y avait 80 robots Da Vinci en France. Aujourd’hui, il doit y en avoir une vingtaine de plus. De grands groupes ont également des projets de robots chirurgicaux à l’étude. Les techniques vont continuer à évoluer et à se perfectionner : programmation intégrée, robot miniaturisé... Sans oublier que pour attirer les jeunes chirurgiens « XY », les établissements vont devoir leur mettre à disposition ces nouvelles technologies !

La robotique au service du soin

Les robots se mettent à notre service. Ils nous permettent de gagner en productivité, allègent notre charge de travail et sécurisent nos flux. Mais installer des robots et des automates oblige à repenser toute l’organisation. Pour en tirer tout son bénéfice, une cohabitation humain/robot s’impose.

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Rigueur dans les processus, cadence, technicité : l’humain doit apprivoiser le robot à son service. Entretiens avec Clément Dentraygues - Ingénieur en chef - Responsable des Services Logistiques au CHU de Dijon Bourgogne et Josiane Labatut - Directrice de la Logistique et des Transports au CHRU de Montpellier.

 

« Plus de productivité, moins de pénibilité »

Entretien avec Clément Dentraygues - Responsable des services logistiques au CHU de Dijon Bourgogne.

DH MAGAZINEUtilisez-vous des robots et des automates au CHU de Dijon Bourgogne ?

Clément Dentraygues – nous utilisons principalement les technologies d’AGV, véhicules à guidage automatique, pour le transport lourd d’armoires à partir desquelles nous approvisionnons les unités de soin en linge propre, médicaments, produits hôteliers et repas. Nous avons mis en place une équipe de logisticiens d’étages. Située au sein même des unités, elle assure la distribution et le rangement du contenu des armoires. actuellement, nous étudions les « robots coursiers ».

DH : Quels avantages apporte le déploiement de la robotique dans les établissements de santé?

Cela permet clairement d’augmenter la productivité tout en enlevant de la pénibilité au niveau de différentes tâches à très faible valeur ajoutée. La robotique permet d’améliorer les conditions de travail. Au CHU, nous avons pu recentrer les personnels sur des activités à valeur ajoutée plus forte et plus intéressante. Je pense notamment à la création de la logistique d’étage dont je vous parlais plus haut.

DH : Comment le personnel a-t-il accueilli ces innovations ?

Confier des tâches à des robots plutôt qu’à des humains peut entrainer des tensions car la crainte de suppressions de postes est présente. Mais nous avons eu la chance de déployer ces nouvelles technologies au moment de la construction d’un nouvel hôpital, ce qui peut expliquer que nous n’avons pas rencontré ces problématiques. Logisticiens et personnel soignant ont bien accepté la nouvelle organisation. Les logisticiens ont des activités au cœur des unités avec moins de manutention et de tâches répétitives et les soignants se recentrent sur le rôle premier : le soin.

DH : Quel est, selon vous, l’avenir de la robotique logistique dans les établissements de santé ? Existe-t-il des freins à son déploiement ?

Tous les hôpitaux qui se sont construits récemment ont étudié la robotisation et ont souvent fait ce choix ! Outre le gain en productivité et l’allègement de la charge de travail, la robotisation est quelque chose d’intéressant au niveau des retours Sur investissement mais à la condition d’avoir des locaux (couloirs, galeries, ascenseurs) en adéquation avec les installations robotisées. Selon moi, le principal frein se situe au niveau de l’infrastructure hospitalière. Dans les établissements anciens, des galeries trop petites, un wifi peu puissant pour le pilotage empêchent parfois le déploiement des solutions.

DH : Les « directeurs de la logistique » vont-ils se trans- former en « directeur robotique » ?

Intégrer des systèmes robotisés dans nos modes de fonctionnement et dans nos flux est une évidence et le rôle du Directeur de la logistique sera de réussir à faire cohabiter Robots et Humains. Mais il y a des problématiques qui ne peuvent pas être automatisées. Aujourd’hui, en termes de ratio, sur l’aspect logistique au CHU, nous avons vraiment beaucoup plus d’agents logisticiens que de robots et dans les établissements de santé, je ne pense pas que la robotique prenne le dessus. Enfin, pour le moment...

Gérer l’interface avec l’humain

Entretien avec Josiane Labatut - Directrice de la Logistique et des Transports au CHRU de Montpellier.

DH MAGAZINEQuelle « technologie robotisée » utilisez-vous au CHRU ?

Josiane Labatut – au CHRU, nous avons intégré 3 types de robotique. Tout d’abord, la robotique industrielle, que nous avons implantée dans la nouvelle unité centrale de production alimentaire mise en service en janvier 2015. Il s’agit d’une chaine robotisée qui permet de préparer les plateaux-repas des patients. elle est directement connectée au logiciel de prise de commande des repas dans les services de soins. ensuite, nous utilisons la robotique de transport de marchandises avec 8 véhicules de guidage automatiques (AGV), renouvelés en 2014. Equipés d’un module de navigation par laser, les AGV livrent les repas, le linge, les médicaments, les dispositifs médicaux et les produits hôteliers sur le site hospitalier de Lapeyronie. Le troisième type de robotique est la robotique médicale, avec l’acquisition d’un robot chirurgical

DH : Sur site, des automates côtoient également les robots ?

En effet, nous utilisons également beaucoup d’automates. Dans les blocs opératoires de Lapeyronie, nous effectuons une gestion dynamique des dispositifs médicaux réutilisables, avec 11 stockeurs rotatifs pilotés par le logiciel de traçabilité et de gestion des stocks WMS du CHRU. Ce qui nous permet de stocker tous les dispositifs médicaux réutilisables et d’avoir un système de rangement intelligent mettant à disposition de l’infirmière les bons matériels requis pour l’opération. Une interface avec le logiciel de la stérilisation permet d’optimiser l’approvisionnement des stockeurs, et de garantir la disponibilité du bon produit au bon moment. Nous avons également mis en place l’éditique centralisée des courriers médicaux (lire interview Chantal Scotto De César), des Distri-buteurs automatiques de Vêtements (DAV) dans les vestiaires des blocs opératoires, directement reliés à notre système de gestion de la blanchisserie et déployé l’automatisation de la régulation centralisée des transports internes. Dans les services techniques, la Gestion technique centralisée permet de super- viser à distance par automates toutes les installations techniques. A titre d’exemple, tous les équipements de cuisson sont équipés d’automates, qui nous permettent de faire de la cuisson basse température de nuit.

DH : Avez-vous des projets en cours ?

Oui ! La préparation et la dispensation nominative robotisée des médicaments directement connectée à la prescription médicale. Nous testons les robots coursiers, plus autonomes et pouvant côtoyer le public, car l’AGV transporte mais ne sécurise pas le contenant et la délivrance, contrairement aux robots coursiers qui identifient la personne autorisée à prélever les médicaments dans le robot. Nous regardons également s’il existe sur le marché des systèmes permettant de robotiser l’entretien et le lavage de grandes surfaces.

DH : Pourquoi avoir choisi de doter le CHRU de robots ? Et de manière générale, quels avantages apportent le déploiement de robots dans les établissements de santé ?

La Direction Générale du CHRU de Montpellier a souhaité que l’on identifie tout ce qui serait potentiellement robotisable et, notamment les tâches à très faible valeur ajoutée avec des risques importants de troubles musculo-squelettiques. ensuite, nous avions besoin de développer notre activité avec des projets d’augmentation de la performance. Enfin, nous souhaitions optimiser et sécuriser nos circuits de distribution. Les robots sont une des réponses. Sur les cuisines, par exemple, nous avons déployé un système complètement connecté, de la prise de commande du patient jusqu’à la délivrance nominative du plateau avec le détail du régime prescrit par la diététicienne.

DH : Comment le personnel vit la cohabitation avec les robots ?

Pour le personnel du service logistique, il a fallu mener la conduite du changement à grande échelle et repositionner certains agents sur des nouveaux postes de travail avec des horaires adaptés aux cadences des robots. Le personnel soignant, quant à lui, s’est vu « restituer » du temps pour se recentrer sur le soin. A titre d’exemple, auparavant, l’aide-soignante réchauffait chaque plateau avec un four micro-onde ; aujourd’hui, elle branche simplement 45 minutes avant la distribution du repas l’armoire contenant tous les plateaux des patients « prêts à servir »!

DH : Quel est, selon vous, l’avenir de la robotique logistique dans les établissements de santé ?

Cela va continuer à se développer. La robotique implique un fort volume à traiter et dans le cadre des GHT, cela peut être une réponse. Les établissements référents qui seront amenés à partager et à mutualiser leurs moyens avec d’autres structures plus petites auront tout intérêt à gagner de la performance par la robotisation.

DH : Voyez-vous des freins ?

Le premier serait la gestion de l’interface avec l’humain qui doit être synchrone avec le robot, au risque de perdre en efficacité globale! Je pense notamment aux préparateurs en cuisine, en bout de chaine robotisée, pour qui la cadence de travail est très soutenue avec près de 600 plateaux produits à l’heure.
La robotique nécessite également de la rigueur dans les organisations, de la fiabilité dans le système d’informations, avec une redéfinition complète des missions et des activités.

DH : La logistique devient de plus en plus pointue...

Il est clair que le directeur de la logistique va devoir s’entourer de compétence en ingénierie. Faire évoluer les organisations, optimiser les flux, maitriser les technologies innovantes... Mais notre rôle va être également de penser à l’émergence de nouveaux métiers. Dans les cuisines du CHRU, par exemple, le temps « gagné » permet de préparer des plats « fait maison » à partir de produits frais ou congelés, des potages diététiques enrichis pour les services de pédiatrie, et prochainement des plats à texture modifiée pour les secteurs de gérontologie. Les robots ne déshumanisent pas l’hôpital si on recentre les forces vives sur les métiers à forte valeur ajoutée, au service du soin et du patient.

FOCUS - Un clic suffit

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Automatiser, c’est gagner en temps et en qualité. Depuis 1 an, le CHRU de Montpellier utilise l’éditique centralisée pour envoyer plus de 2500 courriers médicaux par jour.
Entretien avec Chantal Scotto De César, ingénieur conseil en organisation – direction de l’offre de soin du CHRU de Montpellier.

 

DH MAGAZINE L’éditique est un mot récent combinant édition et informatique mais en quoi consiste-t-elle exactement ?

Chantal Scotto De César – pour faire simple, c’est l’automatisation de l’impression, de la mise sous pli et de l’affranchissement. Vous pouvez imaginer cela comme une « imprimante virtuelle ». C’est un fichier qui va croître au fur et à mesure que les secrétariats envoient des documents vers cette imprimante. ce fichier va ensuite être traité la nuit pour vérifier que le document est conforme, apposer 2 codes « Datamatrix » (pour l’affranchissement et le traitement des NPAI) ainsi qu’un code de sécurisation de la mise sous pli et faire la massification, à savoir le regroupement de plusieurs courriers destinés à un même destinataire.

DH : Du clic de la secrétaire médicale à l’affranchisse- ment, tout le circuit contrôle – impression - mise sous pli-envoi est automatisé. La main humaine intervient- elle encore ?

Elle intervient au départ pour « lancer » le processus de demande d’impression. Puis, une seconde fois dans le « service éditique » lorsqu’un agent prend la pile de papier sortie à l’impression pour la déposer à la plieuse automatique.

DH : Quels sont les bénéfices ?

Les centres hospitaliers doivent envoyer des comptes rendus à la fois aux médecins traitants et aux patients. L’éditique centralisée permet de réduire considérablement les couts d’affranchissement car au-delà de 1000 plis par jour, vous êtes éligibles à un tarif postal avantageux. Mais cela permet surtout de gagner en qualité : vous normalisez le compte-rendu, et en temps, les manipulations chronophages (impression, mise sous pli, portage des documents à un endroit central, affranchissement) sont automatisées.

DH : L’idée est simple mais l’automatisation entraine de facto une modification des pratiques. Est-ce compliqué à mettre en place ?

Aujourd’hui, pour les secrétariats, l’utilisation est très simple. informatiquement parlant, il nous a fallu beaucoup travailler en amont pour mettre en place le processus. Au sein d’un établissement de santé, il peut y avoir une présentation, des adresses ou des en-têtes différents en fonction des services. Il était donc essentiel de définir le formatage des documents et de travailler sur la normalisation (du positionnement de l’adresse, du bandeau d’identification du patient par exemple) pour que le logiciel puisse travailler. il fallait également penser à la sécurité. C’est pourquoi nous avons mis en place un coffre-fort électronique où sont stockés les comptes rendus et mis en place la « validation électronique » avec l’utilisation d’un tiers de confiance.

Il est essentiel pour que le projet réussisse que tous les acteurs soient impliqués : direction des systèmes d’information, direction des achats, les secrétariats et bien sur l’équipe Editique.

DH : Et quels seraient les inconvénients ?

Depuis 1 an que le processus est mis en place, sincèrement, je n’en vois pas ! Les services sont ravis. certes, nous générons du papier. Dans un futur proche, la réponse sera d’envoyer les documents via une messagerie sécurisée pour les courriers adressés aux médecins. Il restera les courriers adressés aux patients. Les deux systèmes, messagerie sécurisée et éditique centralisée, sont complémentaires.

Se connecter pour mieux soigner

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La 6ème édition de l’International RFID Congress s’est tenue à Marseille en octobre dernier. Au programme, conférences d’experts, démonstrations d’applications opérationnelles et rendez-vous d’affaires avec un fil conducteur : comprendre l’apport des objets connectés et saisir leur impact dans les processus métier.

Entretien avec Jean-Christophe Lecosse, Directeur Général du Centre National de Référence RFID.

 

DH MAGAZINE L’International RFID Congress a réuni des acteurs majeurs de l’Industrie, du Commerce, de la Santé et des Villes Intelligentes. Pourquoi avoir réuni ces différents marchés ?

Jean-Christophe Lecosse – La valeur de notre approche est la transversalité. Les innovations viennent de partout. Une application éprouvée avec une valeur d’usage démontrée sur un marché peut tout à fait trouver une autre valeur sur un autre marché. en particulier, de nombreux processus santé se rapprochent des process industriels.

DH : Donc chaque secteur développe un domaine d’expertise qui, avec des adaptations, peut bénéficier à l’autre ?

Oui tout à fait. Et l’intérêt est d’identifier des innovations éprouvées dans un secteur et de les transposer vers un autre secteur d’activité. Le monde industriel, du luxe ou encore du commerce peuvent parfois vivre dans un microcosme avec des solutions ou des applications qui leur sont propres mais nous nous sommes rendus compte que les problématiques étaient les mêmes et qu’il y avait tout lieu de les réunir. Certes, il y a des spécificités mais les technologies sans contact et les objets connectés offrent des potentiels d’usage infinis et ils ont vocation à être utilisés et déployés sur tous les secteurs du marché. par exemple, une application santé liée au transport d’une poche de sang avec toutes ses normes de traçabilité, de suivi de température et de sécurité peut trouver un intérêt dans le monde du luxe pour le transport d’un spiritueux ou encore dans l’industrie, pour le transport de produits dangereux. Dans le même ordre d’idées, des modules électriques paramétrables via smartphone peuvent trouver leur place dans un établissement de santé.

DH : Les objets connectés font régulièrement la Une des journaux. C’est un sujet très à la mode.

Oui mais attention aux effets d’annonces trop précoces portant sur des innovations technologiques qui ne seraient pas encore abouties. C’est tout l’intérêt de Connectwave * qui est une plateforme d’expérimentation et d’usage où nous allons identifier et qualifier l’ensemble des solutions professionnelles qui sont éprouvées et fiables car l’objectif n’est pas de vendre du rêve ! Nous présentons des solutions scénarisées, testées et surtout qui ont un modèle économique viable.

DH : Aujourd’hui, robots et automates se mettent couramment au service des processus de soins. Demain, les objets connectés vont-ils révolutionner le monde de la santé ?

Révolutionner, je ne pense pas car la santé est un monde complexe mais nous voyons se dessiner une modification des pratiques et une réflexion qui vont dans le sens d’une amélioration de l’accès aux soins. Je pense notamment à la société Biolog ID qui a mis en place, en partenariat avec l’Etablissement Français du Sang et avec ses équivalents mexicains et suisses, des frigos connectés et intelligents. ces frigos communiquent entre eux et peuvent transmettre aux professionnels de santé sur un territoire national où se trouvent les poches de sang, les quantités disponibles et les informations liées à la conservation. Vous ouvrez ainsi un réseau de disponibilité nationale de produits sanguins. Au mexique, la totalité des centres a été équipée depuis plus d’un an.

* connectwave.fr - En savoir plus : centrenational-rfid.com