LES BATIMENTS INTELLIGENTS

RUBRIQUE DH MAGAZINE 147 : LES BATIMENTS INTELLIGENTS


batiment1

Les bâtiments
intelligents

Entre capteurs multifonctions et robots autonomes

95 % des responsables d’établissements hospitaliers se disent concernés par les économies d’énergie* ! L’enjeu est surtout d’en réduire la facture énergétique « gargantuesque ». Autre objectif en ligne de mire : déployer des équipements high-tech (informatique, robotique…) qui permettront aux professionnels de santé de se focaliser sur leur coeur de métier.

* http://b2b-energies.ubigreen.com/actualites/reduire-facture-energetique-hopital-hopitaux

 


 

2020
Science-fiction ou réalité proche ?

H-2 avant mon opération
(Extrait du journal d’une e-patiente)

 

Assise sur mon lit d’hôpital, cette chambre ultra-technologique me fait peur. Depuis mon arrivée, je n’ai pas rencontré un seul soignant, même dans les couloirs… Juste des robots énormes et silencieux qui longent les murs.

Le seul contact verbal mais mécanique que j’ai eu s’est fait avec la borne automatique d’enregistrement dans le hall d’accueil de l’hôpital qui m’a remerciée d’avoir choisi « l’hôpital tout technologique », confirmé la date et l’heure de l’opération ainsi que le numéro de chambre dans laquelle je devais me rendre, puis imprimé et sorti, d’une fente latérale, un bracelet code-barres inviolable et enfin, vérifié mes données bancaires.

batiment2La porte de ma chambre s’ouvre. Une machine entre. Je dois entrer mon numéro de DPI, mon code confidentiel et passer mon bracelet code-barres devant un lecteur. Je suis instantanément reconnue. La machine me demande de valider mon identité. Bouton vert : c’est OK. Bouton rouge : se rendre à la borne d’accueil. J’appuie sur le bouton vert. Je dois maintenant m’allonger sur le lit. Des capteurs intégrés dans le matelas prennent en quelques secondes toutes les constantes nécessaires et les envoient via le Wi-fi au robot qui les enregistre. La machine ressort… J’ai très envie de parler à quelqu’un, d’être rassurée, d’un peu de chaleur humaine.

Depuis les lois sur la confidentialité et les libertés individuelles, les établissements de soins ne proposent plus que des chambres seules. J’allume la télévision. Un flash d’information m’énumère les constantes de la chambre (température de la pièce, taux d’humidité dans l’air…) puis un message de la direction précise que les 452 chaînes proposées ainsi que la connexion haut-débit illimitée sont incluses dans le prix de l’opération et remercie ses clients en leur souhaitant un excellent séjour. On frappe à la porte. Enfin un visage humain : mon brancardier… Il est sympathique, le dialogue est chaleureux mais il semble contrarié. Il m’explique que le système de routage informatisé des lits vers les blocs opératoires est en panne et qu’il a été réquisitionné pour effectuer ce transport. Il désactive le GPS du lit, sort une douchette de sa blouse et la passe sur mon bracelet code-barres. Puis nous sortons. Construit selon les toutes nouvelles directives en matière de prévention des maladies nosocomiales, de traçabilité et de sécurité des patients, l’hôpital est flambant neuf et ultra-sophistiqué. Arrivés dans l’espace réservé aux blocs opératoires, nous entrons dans un premier sas de stérilisation. Après quelques minutes, deux portes s’ouvrent sur une pièce immense. Le détecteur de mouvement décèle notre présence et grâce à mon bracelet code-barres, les ordinateurs s’allument sur mon dossier. Le brancardier m’installe au centre de la pièce puis ressort en me rassurant d’un clin d’oeil amical. Une femme entre. L’inscription sur son badge m’apprend qu’il s’agit de Virginie, l’anesthésiste. Sous son prénom, un numéro vert précise qu’une messagerie automatique est à la disposition des patients 24h/24 pour adresser tout type de griefs ou de réclamations à la direction de l’établissement. Malgré son masque, je vois qu’elle me sourit. Cela me rassure. Puis, une voix me fait sursauter. Sur un écran géant, le visage familier de mon chirurgien apparait. Il me salue et me précise que Virginie va procéder à mon anesthésie. J’entends vaguement l’énumération de vérifications médicales me concernant enregistrées par Virginie sur une tablette. Puis, je m’endors…

 


 

Les bâtiments intelligents
font leur show

 

Les bâtiments intelligents s’invitent progressivement dans nos établissements : capteurs intégrés dans les murs (ou ailleurs !1), logiciels de pilotage à distance… IBS pour « Intelligent Building Systems » est le salon de la performance des bâtiments tertiaires, industriels et collectifs² : plus de 100 exposants et 4000 visiteurs y étaient attendus. L’année 2013 devait permettre de répondre à la question, non plus du « Quoi », mais du « Comment » ! Les néophytes ont pu se confronter à de nouveaux concepts et notions (voir encadré) et les plus avertis participer à des conférences sur des thématiques plus poussées.

Alain Sevanche, Directeur des conférences usages et services pour IBS, revient sur les prérogatives du bâtiment intelligent : « Il s’agit d’un bâtiment doté d’équipements techniques communicants. Il héberge l’infrastructure de communication avec des capteurs électroniques (sans fil, intégrés ou non), il peut transmettre des informations et, en retour, recevoir des ordres. Les usages traditionnels restent, bien entendu, la gestion des fluides, les contrôles d’accès (vidéosurveillance avec alertes d’intrusion, paramétrages à distance du portier avec intégration des droits d’accès) mais aussi les problématiques de confort des occupants (mesure des polluants, par exemple) et la prise en compte de l’usage particulier qui est fait de chaque bâtiment. » Aujourd’hui, les problématiques d’interopérabilité ont été résolues. « Ces matériels sont compatibles et la convergence des logiciels et des protocoles est assurée », poursuitil. « Nous sommes en capacité de superviser tous les process des bâtiments où il y a des équipements techniques qui ont été intégrés de manière à savoir ce qui se passe et rétroagir. On est ici dans le domaine de l’hypervision3.

Ensuite, par rapport aux contraintes de performance énergétique, le bâtiment intelligent peut présenter un retour sur investissement très important, notamment pour les bâtiments existants. La facture énergétique d’un jour/patient est supérieure au budget/jour des consommables ! Donc, concevoir un hôpital câblé pour optimiser la gestion du bâtiment et « maitriser » la facture énergétique est primordial. Ce n’est toutefois pas une innovation technique miracle. La gestion et l’accompagnement des projets, la prise en compte des coûts de maintenance doivent être pensés et réfléchis. Enfin, n’oublions pas que ces équipements techniques peuvent rendre d’autres services aux établissements. Je pense à la téléphonie, à l’abonnement télévisuel et à tous ces services dits « hôteliers » qui peuvent être des sources financières importantes pour eux. »

 

1 - Cf. article Le Point n°2126 : à titre expérimental, dans 7 chambres de l’hôpital Nord de Marseille, des puces électroniques ont été installées sur le lit du malade, sur le distributeur d’alcool et sur les chaussures des soignants pour détecter la bonne utilisation du distributeur d’alcool et réduire les risques d’infection.

2 - Qui se tenait cette année les 25 et 26 septembre 2013 – CNIT Paris - La Défense

3 - Hyper-vision : mutualisation et centralisation de l’ensemble des systèmes de supervision et de contrôle

 

Salon IBS

Salon IBS « Intelligent Building Systems », du 25 au 26 septembre 2013
CNIT Paris - La Défense

MtoM

Le Machine to Machine, autrement appelé MtoM ou M2M, est un concept utilisant l’informatique et les télécommunications permettant des communications entre machines sans intervention humaine. Il est ainsi possible de piloter des machines à distance et de manière autonome grâce aux données envoyées par celles-ci vers un serveur qui les centralise, les analyses et dirige leur mise en oeuvre. Les technologies M2M sont enclines à évoluer dans le futur, avec un marché potentiel de plusieurs millions de machines.

Smart City

Le terme de Smart City (ou ville intelligente) désigne un nouveau type de développement urbain apte à faire face aux besoins des institutions, des entreprises et des citoyens tant sur le plan économique, social qu'environnemental1. Une ville intelligente a pour objectif d’améliorer le confort des citoyens de manière durable et d’être plus efficace tout en respectant l’environnement. Les citoyens des smart cities sont connectés en permanence. Ils peuvent ainsi accéder à différentes informations : place libre de parking, pollution de l’air, circulation… et les autorités ont la possibilité de contrôler un certain nombre de paramètres à distance : éclairage, irrigation des parcs…

1 http://www.atelier.net/trends/articles/concept-de-ville-intelligente-saffine-se-concretise

 

Smart Building

Le smart building ou bâtiment intelligent, autrement nommé Smart home se définit comme un bâtiment à haute efficacité énergétique, intégrant dans la gestion intelligente du bâtiment, les équipements consommateurs, producteurs et de stockage. L’application des TIC à un bâtiment tertiaire a pour nom la Gestion Technique des Bâtiments (GTB). Lorsque ces nouvelles technologies sont appliquées à une maison, on parle de domotique. Dans le cadre d’un immeuble, le terme immotique est parfois employé.1

1 http://www.greendustry.eu/media/docs/2012/04/Etude_opticsvalleyBatiment_ intelligent_.pdf

 

Smart Grids

Les Smarts Grids, ou réseaux de distribution d’électricité « intelligents », utilisent des technologies informatiques permettant d’optimiser l’efficacité énergétique du producteur au consommateur. La distribution est adaptée aux besoins réels de la demande et permet ainsi une économie d’énergie. Il s’agit d’un concept novateur dont le développement varie d'un pays à l'autre, le réseau de distribution étant toujours au centre de la problématique.

 


 

Fabrice BroutinLes bâtiments intelligents
vus par les industriels

Entretien avec

Fabrice Broutin,
directeur Segment Santé- Schneider Electric

 

Il ne suffit pas d’« équiper » un bâtiment en capteurs divers ou en outils ultra-technologiques pour le rendre intelligent. L’intelligence ne se limite plus à des solutions techniques même de pointe. Elle passe également par des notions telles que le partage de l’information, la collaboration, l’éducation, le management et une réflexion commune qui dépasse les seules frontières de l’hôpital.

Schneider Electric

Rendre visible
l’invisible

DH – Quels critères vous permettent de qualifier un bâtiment d’« intelligent » ?

Fabrice Broutin – Qu’il soit déjà existant ou neuf, un bâtiment intelligent est un bâtiment communicant. Les différents équipements doivent pouvoir communiquer entre eux et être interdépendants. Le Smart Hospital (ou hôpital intelligent) intégré dans la Smart City est un concept très en vogue. Mais si l’on parle de l’hôpital intelligent qui est fiable, efficace et productif, il se doit d’être également éco-responsable et il existe aujourd’hui des solutions qui vont permettre à l’hôpital de pouvoir « s’effacer » – autrement dit de ne plus être sur le réseau et de fonctionner de manière autonome – en fonction des pointes de consommation, de réduire sa consommation ou de se délester de certaines charges qui ne sont pas prioritaires.

Mais, il ne suffit pas de s’effacer, il faut op-ti-mi-ser...

Vous avez tout à fait raison (rire). Il faut optimisation l’usage de l’énergie pour répondre aux problématiques de la transition énergétique qui va survenir d’ici 5 à 6 ans. Dans les années à venir, le marché de l’électricité va être dérégulé ; ouvert à la concurrence et la facture énergétique va augmenter de 8 et 12 %. Un hôpital de 500 lits qui a un budget de 100 millions d’euros peut perdre un point sur son compte de résultat. Aussi, il est primordial de sensibiliser les directeurs hospitaliers pour qu’ils puissent mieux consommer et mieux acheter l’énergie. Bien sûr, nous apportons des solutions techniques d’optimisation d’énergie mais il est également important d’avoir des solutions qui permettent l’éco-comportement.

Quel exemple de solutions ou d’outils proposezvous aux établissements ?

Mise en place de capteurs de présence, installation de poussoirs pour limiter la consommation d’eau, démarrage différé des moteurs pour éviter des pointes de consommation, détecteur de « gaspillages » (fuites d’eau ou pics de consommation électriques inexpliquées), solutions de Building Management System… Toutes ces solutions peuvent rentrer dans le cadre de notre Contrat de Performance Energétique. Basé sur un partenariat gagnant, nous avons une garantie de résultats vis-à-vis de l’hôpital. Ce contrat, qui s’adresse aux établissements existants, permet de payer l’investissement réalisé grâce aux économies d’énergie. En moyenne, les solutions installées vont permettre de faire 15 % d’économies d’énergie1.

Comment se positionne la France ? Sommes-nous en retard ?

Au contraire ! Au niveau des solutions intelligentes, la France est très avancée et les directeurs très impliqués ! Certains réfléchissent à l’installation de bornes électriques au sein des établissements pour les ambulances, par exemple. Bien sûr, nous continuons de collaborer avec nos homologues étrangers pour voir les bonnes pratiques hospitalières – les États-Unis et l’ambulatoire ou les pays Nord-Europe et l’énergie renouvelable – et sur les innovations futures. Je pense notamment à l’éclairage à LED ou à la luminothérapie2.

1 - plus d’info sur : http://www.parolesdeclients.schneider-electric.fr/video/contrat-de-performance-energetique-une-premiere-dans-le-secteur-hospitalier/

2 - Luminothérapie : éclairages aux vertus apaisantes

 

 

Cisco Systems, Inc.

Corinne MarsolierSmart Grid

Entretien avec

Corinne Marsolier,
directeur Pratiques Santé, Cisco Consulting Services Europe

 

 

DH – Quels critères vous permettent de qualifier un bâtiment d’« intelligent » ?

Corinne Marsolier – « Traditionnellement », le bâtiment intelligent fait référence à l’usage des technologies Smart Grid dans une logique d’optimisation de la consommation d’énergie, de réduction des émissions de CO2, d’un pilotage centralisé du système de production et de la logistique, en réponse aux contraintes financières, règlementaires et environnementales. Le rôle des TIC1 est essentiel pour assurer ce pilotage. Cependant, cette approche reste centrée sur l’hôpital et les équipements techniques, dans un monde où le contexte économique, les besoins de la population et le champ du possible avec les nouvelles Technologies et l’Information appellent à repenser le rôle et la stratégie de l’hôpital sur un « Territoire Numérique de Santé ».

cisco1Face aux défis de nos systèmes de santé – pression financière, vieillissement de la population, explosion des maladies chroniques, démographie médicale, manque d’experts, de plus en plus spécialisé –, les établissements de santé sont toujours en mutation et doivent accélérer leur décloisonnement et leur intégration avec les autres acteurs de la chaine de soin, l’ensemble des ressources médicales et médico-sociales impliquées autour d’un patient. L’hôpital évolue pour devenir un noeud du système de santé et de soin, une ressource et non une destination pour le patient.

Dans ce contexte, l’hôpital intelligent est avant tout un hôpital communiquant et connecté, qui facilite le parcours de soin du patient, assure une meilleure coordination du soin, offre une meilleure expérience pour les patients et un meilleur accès à l’expertise y compris dans les régions traditionnellement mal desservies... Les TIC jouent un rôle crucial à ce décloisonnement et à l’intégration de l’hôpital dans sa communauté. L’Internet of Everything promet de mettre en relation ressources humaines, processus, données et objets pour rendre possible le partage d’information et la collaboration dans l’équipe de soin étendue au moment et à l’endroit du besoin, afin d’améliorer la sécurité et la qualité du soin, ainsi que l’utilisation des ressources médicales rares.

L’architecture de l’hôpital intelligent doit tenir compte des 4 axes de développement de la Santé Connectée :
• Intégration de la santé, du soin et du médico-social : permettre le partage d’information et la collaboration entre les intervenants autour du patient ;
• Soin à distance : permettre de projeter l’expertise médicale grâce à la collaboration entre professionnels de santé, via des plateformes de télémédecine par exemple ;
• Soin dynamique : recueillir et analyser des informations en temps réel pour améliorer la gouvernance des processus de soin et la qualité du soin ;
• Education du patient, R&D : mieux informer le patient, assurer son suivi thérapeutique, et maintenir un contact sur le long terme à des fins de R&D.

Quels outils ou solutions les plus innovants mettezvous à disposition des établissements de santé ?

Cisco est actif dans l’optimisation de la gestion énergétique des bâtiments, comme en témoigne la récente acquisition de Joulex. Les plateformes de gestion Joulex reposent sur une architecture EnergyWise – architecture innovante de gestion d’énergie, permettant notamment de réduire les coûts énergétiques et l’empreinte carbone – qui fédère un écosystème de plus de 120 sociétés. Dans le contexte de déploiement de la Santé Connectée, des plateformes sécurisées de communication et de collaboration sont essentielles au déploiement de services intelligents qui permettent graduellement une meilleure qualité et sécurité des soins, ainsi qu’une optimisation de l’efficience de l’hôpital.

Parmi les plateformes de collaboration innovantes, figure la solution Cisco HealthPresence2 qui intègre des dispositifs médicaux et permet un réel échange entre professionnels de santé via une expérience vidéo immersive.

Quelles sont les contraintes liées aux caractéristiques des bâtiments ?

Les bâtiments anciens comme neufs peuvent être très complexes : épaisseur des murs, mur plombé en radiologie, interférence avec d’autres équipements qui utilisent la même bande de fréquence radio (interrupteur automatique, détecteur d’alarme, fours à micro-ondes, biomédical…). Il est nécessaire d’avoir une infrastructure Wi-fi robuste et adaptée aux contraintes. Nous offrons une gamme de produits supportant les technologies 802.11N, Clientlink, CleanAir qui répondent à ces défis. Bien sûr, il est essentiel que la DSI soit impliquée dans ces choix au moment de la conception de l’hôpital !

1 - TIC : Technologies de l’Information et de la Communication

2 - Plus d’info sur : http://www.cisco.com/web/strategy/docs/healthcare/c45_721623_00_healthpresence_aag.pdf

 


 

L’assistance de l'ANAP

Agence Nationale d’Appui à la Performance

Construire un bâtiment de santé ou le rénover est un projet complexe de par sa nature et par l’importance des textes réglementaires à respecter (réglementation thermique, hygiène, sécurité…).

 

L’ANAP apporte son soutien aux établissements de santé grâce, notamment, à des publications et à des outils pour améliorer l’organisation de santé portant sur la performance énergétique des établissements de santé et la maintenance des installations techniques qui doit être anticipée dès la conception d’un projet. Sur des aspects plus techniques ou spécifiques, les établissements peuvent s’appuyer sur les compétences de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie) qui propose des guides sectoriels : les bilans GES, guide éco-responsabilité…

Sur son site, l’agence met à disposition des établissements des outils et des publications sur des thématiques ciblées. À titre d’exemple : l’amélioration de la performance énergétique.

dessin batiment1« Pour ce faire, précise Alexandra Lam – chef de projet – ANAP, nous avons réalisé un panorama de la réglementation en vigueur, mis en exergue les bonnes pratiques puis avec l’aide d’établissements de santé mais aussi de l’ADEME et du Ministère de l’Écologie et du Développement Durable, élaboré des outils, l’objectif étant de répondre de manière précise aux questions que se posent les établissements ». Sur ce point, ajoute-t-elle : « Nous avons mis en ligne des exemples d’audits énergétiques sur des établissements neufs mais aussi déjà existants car un audit doit bien entendu rester en cohérence avec la politique patrimoniale de l’établissement et ses possibilités. Il est également important de rappeler qu’il y a des réponses possibles avec un investissement même faible. Le fait de baisser d’un degré la température des locaux lorsque cela est possible permet de réduire la consommation de 7% ! »

Gros consommateurs d’énergie, l’hôpital veut la maitrise des coûts énergétiques et le respect de l’environnement. Cette volonté n’est pas seulement affichée, elle correspond aujourd’hui à une réalité du terrain ! Alexandra Lam souligne que : « Depuis quelques années, les problématiques relatives à l’énergie et au développement durable sont devenues de vrais sujets au sein des établissements de santé. Les directeurs agissent avec une vision plus globale. Dès la conception, ils s’intéressent à la façon dont ils vont gérer et exploiter au mieux les bâtiments et installations techniques. Aujourd’hui, la principale évolution de la dimension technique d’un hôpital est qu’elle est devenue « intelligente » avec, par exemple, l’asservissement du niveau d’éclairage, la prise en compte des apports thermiques dans la régulation de chauffage ou la domotique à l’intérieur de la chambre qui permet au patient de communiquer, de contrôler l’éclairage, la température, les stores …»

 

Réglementation ambitieuse mais stricte : la RT 2012 est entrée en vigueur le 1er janvier 2013 pour les bâtiments neufs. Plus d’info sur : http://www.planbatimentdurable.fr/comprendre-la-rt-2012-r174.html

http://www.anap.fr/detail-dune-publication-ou-dun-outil/recherche/ameliorer-sa-performance-energetique-demarches-et-pratiques-organisationnelles/

 


 

metz1Metz-Thionville

le CHR de référence

Jacques Hubert

 

Entretien avec

Jacques Hubert,
directeur du Système d’Information

& Corinne Roldo,
Responsable du service culture et communication

 

Solutions et équipements high-tech, informatique embarquée, bornes d’accueil interactives, automatisation des tâches, politique énergétique écologique et économique, concept architectural basé sur la construction d’un hôpital en « plots » : le CHR Metz-Thionville est une référence en la matière. L’établissement de référence du territoire nord lorrain nous a ouvert ses portes pour une visite guidée riche en technologie innovante.

 

La volonté de l’établissement que souligne Jacques Hubert est d’abord de disposer : « des solutions déployées qui ont été prioritairement conçues et pensées pour le service aux patients ». Outre le déploiement de bracelets électroniques de sécurité pour les nouveau-nés, l’envoi de SMS de rappel et un service de prise de rendezvous en ligne, la présence de chariots mobiles et prochainement de tablettes dans les services, des blocs opératoires informatisés et équipés d’écrans tactiles, l’établissement a mis en place un système de pilotage automatisé de chariots logistiques. « Pour nous, un des enjeux était vraiment de voir comment nous pouvions, en amont du déménagement de l’hôpital, optimiser les flux logistiques, c’est-à-dire avoir une réflexion sur notre organisation selon d’autres approches. À travers cette réflexion, nous avons imaginé tous ces flux logistiques qui permettent aujourd’hui aux soignants de se recentrer sur le coeur de leur métier. Ces chariots sont multifonctions puisqu’ils traitent les repas, le linge, les médicaments, les déchets… D’une manière générale, tout ce que l’on peut transporter ».

 

Géolocalisation

Il poursuit en précisant : « C’est un système qui s’appuie sur diverses technologies. La principale est une technologie RFID, qui permet de reconnaître et de tracer le chariot, ainsi que son contenu. La géolocalisation permet le flux et la logique de transport. Le réseau Wi-fi assure la couche de communication entre les équipements et le réseau téléphonique. Dès que le chariot arrive en « gare », les personnels reçoivent un message (SMS, email) puis finalisent l’acheminement dans le service. Ainsi, nous couvrons toute la chaine de communication et de distribution de l’envoi à la réception. Des postes d’aides hôteliers et logistiques ont ainsi été créés. Un métier nouveau est né avec cette organisation. »

 

borneQuand les bornes
sont franchies...

L’établissement dispose également de bornes d’orientation tactiles qui permettent à une personne, arrivant en dehors des heures de présence des hôtesses, d’être guidée dans l’établissement : visualisation de son parcours sur la borne à la réception ou sur son téléphone portable avec le trajet à effectuer pour arriver jusqu’au service. Des bornes d’accueil interactives accessibles 24h/24 permettent aux patients d’acheter différents services (internet, télévision, téléphone…).

Dans sa chambre, celui-ci peut donc se distraire (télévision, jeux, livres audio, radio, vidéo à la demande et accès internet) mais aussi rester « connecté » : « Maintenir le lien familial et social et lutter contre l’isolement contribue aussi à la guérison. Pour cela, chaque terminal est équipé d’une webcam et de Skype afin de pouvoir rester en contact avec l’extérieur » souligne Corinne Roldo. Le patient pourra accéder à son Dossier Médical Personnel ainsi qu’à son imagerie depuis son terminal mais aussi y effectuer ses commandes de repas (fin 2ème semestre 2013). Et précise Jacques Hubert : « Si équiper la maternité de terminaux multimédias semblait naturel au départ, des tests avec des terminaux adaptés, ergonomiques et simples – grosses touches, combiné unique, bras articulé… – ont également rencontré un vif succès en gériatrie. »

 

Régulation
des transports

Les transports internes de patients ne s’appuient pas sur la géolocalisation mais sur des solutions de communication en 3G ou Wi-fi. « Au préalable, un important travail de paramétrage est réalisé par le cadre de santé référent, explique le DSI. La demande de transport est émise à partir du dossier patient, transmise de manière automatique par le service dans le logiciel e-transport et génère une demande à un brancardier qui, à partir de son terminal, accepte ou non la course. Cette solution mise en place depuis trois ans nous permet de façon complétement automatique et sans appel, de réguler le transport ». Même solution pour les transports de sites à sites : la demande émise depuis le dossier patient est directement exploitable et transmise à la société de transport évitant ainsi de nombreux appels de la part des services. Enfin, en collaboration avec les transporteurs (ambulanciers, taxis), l’établissement travaille sur un pilote visant une organisation simplifiée, une meilleure gestion du tour de rôle et, pour les patients-utilisateurs, la possibilité d’évaluer la qualité de la prestation (respect du délai, qualité du transport) par l’envoi d’un SMS.

Pour le transport des médicaments mais aussi des prélèvements, l’établissement a recours à un système appelé TPO (Transports de Petits Objets).Tout est bien entendu informatisé et le résultat est immédiatement intégré au dossier patient. Elément central de l’organisation de l’établissement, le dossier informatisé est un support unique, alimenté et partagé par tous, centralisant toutes les informations du patient.

 

Aujourd’hui,
demain et après

Enfin, le CHR Metz-Thionville ne se contente pas d’être aux normes HQE (Haute Qualité Environnementale). Il s’est fixé d’ambitieux objectifs, notamment grâce à la technologie Energy Wise. « Nous avons la possibilité de mesurer la consommation d’énergie de chaque périphérique (PC, borne…) et à terme, nous souhaitons pouvoir éteindre les équipements pendant certaines plages horaires, lorsque ceux-ci ne sont pas utilisés », précise Jacques Hubert.

D’autres projets ou pilotes sont en phase d’élaboration (faciliter les pré-admissions et la fluidité du parcours patient grâce à l’usage de la technologie NFC et en collaboration avec Orange Healthcare, l’accès au DMP par le patient depuis son terminal, le développement de nouvelles téléconsultations…). Une politique de communication accompagnante en interne et innovante dans son partenariat avec les prestataires nous a permis de mener à bien tous ces grands projets de transformation. Le changement doit être vécu comme une opportunité et non comme une contrainte.

 


 

Gilles Gollet

Metz-Thionville

Quand l’économie rencontre l’écologie…

Entretien avec

Gilles Gollet,
directeur des Travaux

Le CHR de Metz-Thionville offre une belle vitrine des outils à disposition des établissements. « Chauffage, climatisation, traitement d’air : nous avons tout sur GTB (Gestion Technique du Bâtiment). 22 000 points » ou capteurs « sont dispersés sur l’établissement : capteurs de température dans les locaux, capteurs d’ouverture des fenêtres dans les chambres – chaque pièce est contrôlée individuellement en température avec des butées hautes et basses et le réglage est encadré par ces butées que l’on peut gérer par le système central – capteurs infra-rouges de détection de présence pour la lumière dans les locaux communs (couloirs, réserves, sanitaires…). »

batiment4Nous étudions aussi la possibilité de passer en éclairage à LED dans certains secteurs. « Nous avons une gestion des contrats de fourniture d’énergie avec une société d’exploitation externe fortement associée à une notion de rendement des installations et d’optimisation des achats d’énergie. Sur l’ancien site, nous contrôlions déjà régulièrement tout ce qui est : encrassement des filtres, rendement des échangeurs... Aujourd’hui, nous le faisons avec la GTB en temps réel. » Cette GTB est pilotée par un ingénieur du service technique spécialisé en charge de gérer ce système, de sortir des schémas dynamiques, des calculs de tendances et des seuils d’alarmes mais aussi de trouver d’autres pistes d’économie. Concernant la gestion de l’eau, tous les robinets communs sont à détecteur infrarouge. Les livraisons et transports (par pneumatiques de gros diamètres et par chariots) ont été optimisés et l’établissement pratique la cogénération : « Nous produisons de l’électricité qui est revendue à EDF avec un moteur thermique sur lequel nous récupérons l’énergie qui sert à chauffer l’eau chaude de l’hôpital, par exemple. »

Autre originalité du CHR : le stockage du froid, l’eau est gelée dans des réservoirs la nuit et cette eau de dégel servira à climatiser l’établissement en journée. Autre projet : la gestion des « pics de consommation » en différant le démarrage de pompes ou d’ascenseurs, par exemple. « S’agissant de la sécurité, 200 caméras sont reliées au PC de surveillance contribuant ainsi à la sécurité des personnes et des biens. Le CHR souhaite ainsi exploiter au maximum toutes les possibilités technologiques dans l’ensemble de l’établissement »...

 


 

Yvonnick MoriceConcept Room
Bonum opus

Entretien avec

Yvonnick Morice,
Directeur Général du CHRU de Lille

 

 

concept room

Lors du Salon HIT qui se tenait à la Porte de Versailles à Paris du 28 au 30 juin 2013. Les visiteurs (plus de 500 par jour !) ont pu tester, grandeur nature, le service ambulatoire de demain : le « Concept Room ». Lancé par le Clubster Santé (qui regroupe une trentaine d’entreprises) et le CHRU de Lille, cette innovation a deux objectifs majeurs : la « marche en avant » et l’autonomie du patient.

À son arrivée, le « patient » s’installe sur un fauteuil « 3 en 1 » (fauteuil-lit, brancard, table d’intervention) qu’il ne quittera plus jusqu’à sa sortie de l’établissement. L’organisation ambulatoire se divise en trois zones : l’accueil et la prise en charge, l’intervention puis la surveillance du patient et finalement sa sortie. Grâce à une tablette numérique reliée à un bracelet électronique ainsi que de nombreux capteurs incorporés dans un revêtement conçu de fibres d’argent, il peut être en permanence au fait de son état de santé (mesure de la température, du pouls, du rythme cardiaque…) ou choisir, parmi une sélection, des films à visionner !

Yvonnick Morice, DG du CHRU de Lille, revient sur la naissance du Concept Room : « c’est le résultat de deux démarches convergentes, à la fois des industriels qui ont souhaité se positionner sur le domaine de l’innovation, des produits et équipements de santé et le souhait du CHRU d’être moteur sur la conception d’équipements innovants pour mieux répondre aux attentes des patients sur le plan hôtelier mais aussi à celles des personnels sur le plan de l’ergonomie et des conditions de travail. »

L’Opus 1, exposé sur Hôpital Expo 2012, qui avait déjà rencontré un franc succès, est en cours de commercialisation par les industriels. « Orienté sur une chambre destinée à des patients de soin de suite (fauteuil-lit, aménagement de la salle de bain avec un WC incluant un système de désinfection, d’un lit accompagnant encastrable…), cet opus a été imaginé et conçu pour favoriser l’autonomie du patient et optimiser le travail des soignants, précise Yvonnick Morice, tandis que l’objectif de l’opus 2 est d’améliorer la prise en charge ambulatoire du patient, l’ambulatoire étant un enjeu de taille pour les établissements de santé. »

Novateur sur les aspects technologiques, cet opus l’est également sur le plan esthétique (design moderne et agréable, éclairages adaptés, formes arrondies…), sur le confort pour les soignants (qui effectuent moins de manipulations et ont un accès rapide aux données médicales) et sur les services apportés au patient. « Tout en ayant ses fonctions vitales enregistrées en permanence sur sa tablette, celui-ci peut se connecter à internet pour travailler ou simplement surfer, accéder à la radio ou à des jeux, dans un espace agréable et ergonomique ! », conclut le Directeur Général. À suivre : l’opus 3 qui sera orienté vers la prise en charge des patients dépendants !

 

Plus d’info sur : www.conceptroom.fr

 

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